Des patrouilles de clowns et de mimes pour éviter le tapage nocturne

SOCIÉTÉ ville de Paris teste un dispositif où des artistes interviennent de façon ludique auprès des fêtards...

Oihana Gabriel

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Avec les Pierrots de la nuit, la ville de Paris lance une initiative pour convaincre les fêtards de faire moins de bruit la nuit.

Avec les Pierrots de la nuit, la ville de Paris lance une initiative pour convaincre les fêtards de faire moins de bruit la nuit. — Association Les Pierrots de la Nuit

«On n’est jamais dans l’agression ou dans le convaincre», souligne Sidonie, tout de blanc vêtue, des ailes dans le dos. Elle fait partie d’une nouvelle brigade insolite qui a fait son apparition dans les rues de Paris fin octobre. Leur mission est de faire passer un message grâce à la poésie ou au rire: «Restons éveillés sans réveiller».

Ces Pierrots de la nuit se promènent de 23h à 5h du matin, habillés en blanc, pour apprendre aux fêtards parisiens à limiter leur volume sonore. Ce dispositif de médiation culturelle, inspiré de clowns particulièrement efficaces à Barcelone, est testé à Paris depuis quatre mois et montera en puissance dès vendredi pour atteindre soixante artistes en juin. Ils interviennent dans huit arrondissements, par groupes de trois: un duo d’artistes -des mimes, danseurs ou comédiens- et un médiateur social qui explique la démarche.

Brigade poétique

«On déambule calmement pour les inviter à rejoindre notre univers, raconte Emmanuelle, une des Pierrots de nuit. On se penche à leur oreille pour leur murmurer "Listen to the silence".» Ce dispositif est né des Etats généraux de la nuit lancés par la Mairie de Paris il y a un an et demi. Objectif: limiter les tensions entre les Parisiens qui rêvent de dormir tranquilles et ceux qui veulent faire la fête. Et à terme, éviter que des bars ou discothèques ne ferment à cause de plaintes répétées de riverains.

«On n’est pas du côté de la répression, mais de la sensibilisation, résume Mao Peninou, adjoint chargé de la qualité des services publics municipaux. Les Pierrots n’ont pas vocation à remplacer la police, il y a toute une série d’infractions qui nécessitent son intervention.» Ioanna Thomas, la directrice de l’association les Pierrots de la nuit, précise: «On recrute une fois par mois des intermittents, qui reçoivent une formation sur la médiation. Mais pas de cracheurs de feu, même si c’est silencieux! La poésie dans la rue étonne. Sur quarante-deux parcours, on n’est tombé que sur deux personnes un peu virulentes.»

Que pensez-vous de cette initiative? Vous paraît-elle être un bon moyen de ramener les fêtards trop bruyants à la raison ou risque-t-elle de tourner au fiasco? Donnez-nous votre sentiment dans les commentaires ci-dessous.