Nantes: La manif anti-aéroport dégénère, deux blessés

AEROPORT Plusieurs milliers de Nantais ont protesté contre le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes...

A Nantes, Guillaume Frouin

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Entre 4.000 et 10.000 manifestants se sont rassemblés à Nantes pour protester contre le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le 24 mars 2012.

Entre 4.000 et 10.000 manifestants se sont rassemblés à Nantes pour protester contre le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le 24 mars 2012. — JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Ils étaient 10.000 selon les organisateurs. Plutôt 4.000, selon la police, qui a aussi dénombré «170 tracteurs et 300 vélos». De nombreux manifestants, en tous cas, ont défilé samedi après-midi dans le centre-ville de Nantes contre le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique).

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Un demi-millier d'anarchistes

Ce futur «aéroport interrégional du grand Ouest», qui doit être mis en service en 2017 à 30 km au nord de Nantes, est combattu depuis trente ans par les écologistes et agriculteurs du secteur. Ces derniers le jugent «inutile, coûteux et destructeur»: conçu pour accueillir le Concorde dans les années 1960, il menace «2.000 hectares de terres agricoles bocagères d’une biodiversité exceptionnelle», selon Europe Ecologie. Critiqué également par le MoDem, le projet est soutenu en revanche par les élus socialistes de la région, dont le député-maire de Nantes Jean-Marc Ayrault, et leurs homologues UMP.

Le cortège était placé sous haute surveillance policière, notamment aux abords de l'Hôtel de ville, au-dessus duquel un hélicoptère de la police a effectué un vol stationnaire. 500 militants anarchistes ont également fait le déplacement. Visages masqués, ils ont recouvert de peinture les vitrines des commerces. Certains d’entre eux, cachés derrière des banderoles, ont aussi déscellé des pavés du cours des Cinquante-Otages, fait exploser des bombones de gaz et jeté des canettes de bière vides sur les forces de l'ordre.

Vers 19h, celles-ci ont d'ailleurs commencé à évacuer le centre-ville sous les jets de nouveaux projectiles. A 20h30, trois manifestants avaient été placés en garde à vue. Selon la préfecture, deux personnes ont été blessées: un policier et un manifestant.