Mohamed Merah était déjà connu des services de police, en particulier dans des affaires de vols avec violence. Sa dernière condamnation remonte au 24 février: il était poursuivi pour un accident de moto et conduite sans permis. Condamné à un mois de prison ferme, il devait rencontrer le juge d'application des peines début avril. «Sa mère n'arrivait pas à le maîtriser, son père était tout à fait absent, sa sœur très affective», assure à 20 Minutes Christian Etelin, avocat au barreau de Toulouse qui l'a défendu plusieurs fois. «C'est quelqu'un comme les autres. Il y a encore un mois, il avait une crête espagnole sur la tête. Il y a quinze jours, il sortait en boîte de nuit», assure un homme qui se dit un « ami» du suspect.

«Filière de Toulouse»

Né le 10 octobre 1988 à Toulouse, Mohamed Merah a grandi aux Izards, un quartier dit «sensible». Mineur, il a fait un an de détention à la prison Saint-Sulpice pour des faits répétés de petite délinquance. «Il présente un profil d'autoradicalisation salafiste atypique. C'est-à-dire qu'il s'est rendu par ses propres moyens en Afghanistan, sans passer par les filières traditionnelles», explique le procureur de la République de Paris, François Molins. Il y serait allé à deux reprises, dont la dernière fois à la mi-2011 pendant deux mois. «Franchement, c'était un garçon comme les autres. Ou alors, il cachait bien son jeu», commente une amie de la mère du tueur présumé.

Selon nos informations, le nom de l'un de ses frères apparaît dans le dossier de la «filière de Toulouse» de recrutement et d'acheminement de volontaires à la guerre sainte en Irak. «A l'époque, [il] est passé entre les mailles du filet, confirme notre source. Mais il était très proche de ces gens-là. Il était surveillé par la DST. Et il est passé par la même école coranique au Caire, en Egypte, que certains des condamnés.»

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