Photo d'illustration du logo de la Poste.
Photo d'illustration du logo de la Poste. - GILE MICHEL/SIPA

Christine Laemmel

Deux ans après sa mutation en société anonyme, La Poste tombe nez à nez avec la réalité humaine: restructurer en profondeur un service public ne peut se faire sans laisser les salariés de côté. Le reproche, émanant des syndicats, avancé dans divers rapports, semble se traduire violemment depuis six mois, par le suicide de trois cadres du groupe.

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Trois suicides en six mois

11 mars 2012: Un responsable des ressources humaines de La Poste de Concarneau se suicide sur son lieu de travail. «Le fait qu'il soit revenu sur son lieu de travail n'est pas anodin. C'est un message qu'il a voulu envoyer à l'entreprise» a souligné la Confédération générale des cadres.

29 février: Jérémy Buan, cadre supérieur de 28 ans, se jette du haut de la poste centrale de Rennes. Dans une lettre de désespoir, il exprime son «anxiété professionnelle» et son incapacité à vivre dans un «tel contexte opprimant».

15 septembre 2011: Une employée de 52 ans se défenestre au centre financier de La Poste de Paris. Le rapport de l'inspection du travail a conclu à «une faute caractérisée» de l'entreprise.

Plus de 20.000 postes supprimés en deux ans


1er mars 2010: La Poste, établissement public, devient officiellement une société anonyme.
Janvier 2011: La Poste s’ouvre officiellement à la concurrence.

Pendant ce temps, les employés doivent suivre… Tant bien que mal. Et s’adapter à la restructuration de l’entreprise. Avec 11.700 postes en moins en 2010. Et 10.000 en 2011, selon la CGT.

FO, CGT et SUD réclament  «l'arrêt immédiat des restructurations»

En novembre 2010 déjà, un rapport du Syndicat professionnel des médecins de La Poste s’alarmait d’une forte dégradation des conditions de travail, dans le cadre de la réorganisation du groupe.

Remis lundi 12 mars à la direction, un rapport d’expertise mené à la demande du CHSCT pointe littéralement du doigt «les conséquences des changements organisationnels mis en place»,  «pas suffisamment prises en compte par la direction du site».

Stress, pressions, voire dépression augmenteraient à un point tel que les syndicats FO, CGT et SUD réclament  «l'arrêt immédiat des restructurations et réorganisations».