C’est une vidéo embarrassante pour la police municipale de Beauvais (Oise) que s’est procurée le Parisien mercredi. Filmée par un amateur vraisemblablement depuis un immeuble d’habitation, la scène, qui se passe en plein jour, dans une rue, est accablante: on y voit deux policiers approcher un homme, apparemment occupé par une conversation téléphonique.
D’après le Parisien, l’homme, âgé de 62 ans, est le propriétaire d’un véhicule stationnant dans la rue depuis trop longtemps et que les policiers comptaient faire enlever.
Alors que ni lui, ni le policier qui lui fait face ne montrent de signes d’agressivité, le second policier, tenant un chien muselé en laisse, s’approche soudain de l’homme, l’agrippe à l’épaule et lui fait un balayage, le faisant tomber au sol. Il l’y accompagne, apparemment pour le maintenir par terre, et semble lui asséner un ou deux coups. D’autres agents arrivent en renfort pour aider à maîtriser le sexagénaire.
Le Parisien affirme que l’homme, au sol, a aussi été gazé par les policiers. Et raconte la suite de l’interpellation, qui n’apparaît pas sur la vidéo: menotté, le sexagénaire est placé en garde à vue… avant d’en ressortir, après que la vidéo a été montrée par des riverains à la maire de la ville, de passage dans le quartier, et au responsable de la police municipale qui demande la libération de l’homme.
Admis aux urgences, celui-ci en ressort avec deux jours d’incapacité totale de travail. La maire de Beauvais, elle, a demandé l’ouverture d’une enquête administrative et le policier a été suspendu de ses fonctions en attendant de passer en conseil de discipline.
Le responsable prévention et sécurité de la ville a admis que «l’intervention des policiers municipaux est disproportionnée», tout en révélant que, quelques minutes avant l’incident, une altercation a opposé deux agents à des riverains, au cours de laquelle une policière a reçu des coups qui lui ont valu une interruption temporaire de travail de 20 jours.
La policière et le propriétaire du véhicule ont respectivement déposé plainte vendredi, a-t-on appris de sources concordantes.