Du matériel pour procréation médicalement assistée à la Clinique spécialisée de la Muette de Paris.
Du matériel pour procréation médicalement assistée à la Clinique spécialisée de la Muette de Paris. - MELANIE FREY/JDD/SIPA

Solène, internaute. Témoignage édité par Christine Laemmel

Il y a exactement 30 ans, naissait Amandine, premier bébé-éprouvette français. Depuis, ce sont près de 200.000 couples qui ont bénéficié des techniques de P.M.A (procréation médicalement assistée) comme la F.I.V (fécondation in vitro).
 
Solène, internaute de 20 Minutes,  et son compagnon, font partie de ces couples, dans l’incapacité de concevoir un enfant sans recourir à la science. Après plusieurs désillusions, elle a donné naissance à Oscar en février 2011. Solène a contacté la rédaction de 20 Minutes pour nous raconter son histoire, pour que les couples dans son cas «continuent à se battre, ne perdent pas espoir».
 
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Le témoignage de Solène: «Ça parait tellement simple de faire un enfant, alors pourquoi on n'y arrive pas?»:

«Nous sommes un couple de 30 ans qui habite St Quentin (02). Après deux années d'essais infructueux, mon gynécologue a voulu pousser les investigations. Nous avons donc eu toute une série d'examens à faire. Et le verdict est tombé. Nous avons découvert l'azoospermie excrétoire de mon mari en avril 2009. Dans la foulée, nous avons d'abord lancé une procédure d'adoption. En nous disant que la PMA est souvent très aléatoire et l'adoption très longue.

Les gynécologues "classiques" ne sont pas formés pour répondre à nos questions

Nous avons pris rendez-vous auprès de notre spécialiste PMA (Procréation médicale assistée). Nous avons eu rendez-vous au mois d'août 2009. Le temps de faire des analyses complémentaires, notamment génétiques, on a fait notre premier protocole FIV ICSI (fécondation in vitro avec micro-injection) en février 2010. Nous ne sommes pas allés au terme du protocole dans la mesure où il n'y a pas eu implantation. Les embryons n'ont pas fusionné. Nous avons donc fait une FIV ICSI 1 bis (parce pour parler de FIV ICSI 2, il faut aller au bout du protocole) qui a fonctionné du premier coup.

Et Oscar est né en février 2011. Il faut savoir que les gynécologues "classiques" ne sont pas toujours formés pour répondre à nos questions. Ils nous renvoient quasiment systématiquement vers un spécialiste. Heureusement, nous avons un spécialiste hyper-humain (et je pèse mes mots), compréhensif, altruiste (bien qu'en clinique privée, il ne demande pas de dépassement d'honoraires). Bref, notre sauveur!

Tabou car ça touche à la virilité masculine

Le parcours est long et souvent tabou. Tabou dans la mesure où, surtout dans ce cas là, ça touche la virilité masculine et la capacité de procréer qui est "innée". C'est ce qu'on a dit au spécialiste: ça paraît tellement simple de faire un enfant alors pourquoi on n'y arrive pas? On avait le sentiment d'être "à part". D'où une certaine "honte". Ensuite, il y a le sentiment de décevoir les proches (parents, grands parents) qui espèrent une grossesse...

Et puis, ce n'est pas forcément évident de déballer ce genre de problème. On a longuement hésité sur les mots à employer quand on a annoncé à nos proches qu'il fallait passer par la PMA. Finalement, nous leur avons expliqué exactement de la même manière que le spécialiste l'avait fait. En vulgarisant les termes scientifiques, avec des schémas etc. Ce qui est remarquable, c'est que quand on commence à en parler, on reçoit des témoignages de personnes plus ou moins proches qui ont du passer par là. A tous ces couples qui sont dans ce douloureux parcours: battez vous! Et surtout, ne perdez pas espoir...»