La Réunion: Avec la vie chère, le chômage est le grand fléau

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Publié le 23 février 2012.

REPORTAGE - Le taux de chômage a atteint un niveau record en 2011...

De nos envoyés spéciaux à La Réunion

Sous un soleil de plomb, Laurent sort, tête baissée, du local Pôle emploi de Saint-Leu, sur la côte sud-ouest de l'île de La Réunion. Cela fait trois ans que ce soudeur originaire de métropole vient tous les jours consulter les annonces. Et trois ans qu'il ne trouve rien. «J'ai perdu mon dernier travail après la fin du chantier», explique-t-il. Une rengaine très courue à La Réunion où le taux de chômage atteint un niveau record (29,5% en 2011), et où les emplois dépendent beaucoup des grandes commandes publiques.

«Belles paroles»

Le chômage, la vie chère qui grignote le pouvoir d'achat... Pour la première fois depuis douze ans qu'il habite à la Réunion, Laurent «compte retourner à la métropole». Sa femme Delphine, elle-même réunionnaise, est prête à le suivre. Avec son maigre revenu d'assistante périscolaire à temps partiel, ils n'ont pas grand-chose à perdre et se préoccupent assez peu de la présidentielle. «Les politiques, ce sont toujours de belles paroles.»

Mehdi, 26 ans, lui, ne compte pas quitter l'île. «Quitte à être en galère, autant l'être au soleil», clame ce grand gaillard qui cherche du boulot «dans tout et n'importe quoi». «Ici, on ne nous propose que des petits boulots, des CDD de 6 à 10 mois quand on a de la chance.» Il affirme qu'il votera à gauche à la prochaine présidentielle, mais craint que des Réunionnais soient tentés par le FN. La présence sur l'île de travailleurs clandestins étrangers peut y aider. «Les pires, ce sont les Comoriens, ils travaillent pour rien!», lâche Georges Arhiman, président du Maillon économique, une association de soutien aux chômeurs.

Le travail non-déclaré, «fond de commerce de l'île»

Cet ancien membre du conseil économique et social régional n'hésite pas à dénoncer un «système mafieux» dans l'île, dont la politique «misérabiliste» aurait pour objectif de «récupérer des subventions» de la métropole. «Les élus empêchent toute activité économique. Ils privilégient les contrats aidés dans les collectivités locales par électoralisme, accuse-t-il.Bayrou, Sarkozy ou Hollande peuvent donner des milliards à La Réunion, ça ne changera rien.»

Et ce, d'autant que le travail non-déclaré est «le fond de commerce de l'île». Une cause supplémentaire du chômage avec les problèmes de mobilité dans l'île, l'absence de qualifications spécifiques et la fin de la culture sucrière, décrypte un bon connaisseur du marché de l'emploi. Qui conclut: «Si La Réunion n'explose pas au niveau social, c'est grâce au travail au noir».

Alexandre Sulzer et Alexandre Gelebart
Mots-clés
Emploi

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