La prise en charge des victimes s'est certes améliorée, mais l'Etat peut mieux faire. C'est le constat que dressent les associations à l'occasion ce mercredi de la Journée européenne des victimes. «Depuis vingt ans, on nous parle des auteurs et des criminels. Il est grand temps de placer la victime au cœur du débat et d'instaurer plus d'équité», suggère Marie-Ange Le Boulaire, présidente de l'Association nationale pour la reconnaissance des victimes (ANPRV), qui organise pour la deuxième fois ce mercredi un rassemblement au Trocadéro à Paris.
Accompagner leur parcours
Dans un rapport rendu au ministre de l'Intérieur, la députée UMP de l'Yonne Marie-Louise Fort préconise la création d'un parcours de la victime, «de son arrivée au commissariat jusqu'au traitement de la plainte», précise-t-elle à 20 Minutes. Selon Marie-Ange Le Boulaire, policiers et gendarmes ont fait des efforts ces dernières années pour replacer les victimes au cœur de leur action et les protéger. En revanche, la justice traîne. «Il y a des divergences en fonction des juridictions sur la qualification des faits. Ce qui est considéré dans une région comme une agression sexuelle peut se transformer ailleurs en harcèlement moral», regrette Maire-Ange Le Boulaire, qui souhaite voir la création d'un haut-commissariat aux victimes pour harmoniser le traitement des dossiers. Selon elle, reconnaître une victime en tant que telle est la meilleure solution pour que cette personne cesse, un jour, de l'être.
Vingt propositions
«Un Etat démocratique ne peut pas se contenter de reconnaître les victimes. Il faut guérir leurs peurs et les accompagner», explique Marie-Louise Fort, députée UMP, qui rend un rapport et vingt propositions au ministre de l'Intérieur ce mercredi.