Procès de l'amiante: «Beaucoup d'espoir se dégage de cette condamnation pénale»

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Publié le 14 février 2012.

INTERVIEW - L'association nationale de défense des victimes de l'amiante (ANDEVA) réagit à la condamnation italienne du drame de l’amiante pour «20 Minutes»...

Le tribunal de Turin à condamné ce lundi à 16 ans de prison, les deux accusés dans le procès italien du drame de l’amiante. Ils ont été jugés responsables de la mort de 3.000 personnes. Un porte-parole de l’Association nationale de défense des victimes de l’amiante (ANDEVA) a répondu à nos questions.

Que vous inspire la condamnation des responsables italiens?

La première réaction que nous avons eue était la satisfaction. La justice a joué son rôle et ce pour la première fois à ma connaissance dans un procès pénal concernant l’amiante. Jusqu’alors il n’y avait jamais eu de procès qui débouche sur une condamnation. C’est une première mondiale qui a une importance symbolique. [En réalité, une condamnation a été prononcée en mars 2008 par la cour d’appel de Douai pour la société Alstom Power Boilers, ndlr] Toutefois, les victimes de l’amiante ne sont pas seules, elles perçoivent notamment des indemnisations de la part des associations.

Est-ce que cela vous donne de l’espoir pour les procédures en cours?

Oui en effet beaucoup d’espoir se dégage de cette condamnation pénale. En France il existe  une procédure depuis 1996. Pendant douze ans celle-ci a dormi paisiblement. Ce n’est que dans les années 2000 que de nombreuses mises en examen sont sorties de terre. C’est un véritable travail pour le parquet, sous les ordres du ministre de la Justice. L’amiante fait partie des dossiers les plus importants du pôle de santé publique du tribunal de Paris depuis 2006. La chambre d’instruction connaît une augmentation considérable des recours devant les tribunaux, désormais il faudrait que la plupart aboutissent à des condamnations.

Quelles sont les difficultés de ces procès? Pour qu’il  y en ait eu si peu...

Les procès concernant l’amiante sont très complexes. Pour monter un dossier «béton», cela prend beaucoup de temps. Il est difficile d’attribuer des responsabilités à un auteur précis, à chaque fois il y a un retard de 25 à 30 ans entre l’exposition à l’amiante et la condamnation. Après le procès qui vient de se tenir en Italie, on a l’espoir que la justice française prenne l’exemple sur la justice italienne. Bien qu’en France il semblerait qu’on mette des bâtons dans les roues à ceux qui souhaitent faire la lumière sur ses affaires.

M.P.D
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