La justice n'a pas tranché dans l'affaire de la lame de cutter dans une conserve William Saurin. La décision, attendue ce lundi, a même été reportée au 19 mars, date à laquelle le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris annoncera s'il accorde crédit aux accusations du couple de plaignants. Le 31 décembre dernier, deux retraités de Pont-de-Cé, dans le Maine-et-Loire, étaient tombés sur une lame de 6 cm dans leur boîte de bœuf bourguignon. Découverte qui a valu à Christian Vest une belle entaille à la bouche.
L'avocat du couple a demandé ce lundi une expertise médicale pour son client, ainsi que 5.000 euros de dommages et intérêts. Une demande qualifiée de «totalement loufoque» par son adversaire, qui juge les déclaration du plaignant «invraisemblables». «Si un homme de 70 ans se retrouve avec une lame de 6 cm dans la bouche, cela devrait provoquer des dégâts extrêmement importants» et pas une entaille sur la lèvre supérieure, a affirmé l'avocat de William Saurin, qui se demande par ailleurs comment l'objet a pû passer inaperçu.
L'avocat a évoqué la possibilité que le retraité a tenté d'ouvrir la conserve avec un cutter, dont la lame s'est cassée et serait tombée à l'intérieur. Un installateur de lino a même indiqé avoir utilisé chez le couple le même type de lames peu de temps avant les faits. Le témoin a été «briefé» par William Saurin, répond l'avocat du couple Vest, dénonçant «une opération très scabreuse qui consiste à dire que les époux Vest sont des affabulateurs».
A noter qu'en matière de droit de la consommation, la charge de la preuve est inversée. Il importera donc à la société d'apporter la preuve que la lame ne pouvait pas se trouver dans cette boîte.