Au lendemain de la fin du mouvement de grève chez Air France, syndicats et gouvernement restent opposés sur la proposition de loi visant à encadrer le droit de grève dans les transports aériens. Les organisations font planer la menace d'une nouvelle grève, qui surviendrait pendant les vacances scolaires de février.
Le ministre des Transports Thierry Mariani a reçu ce vendredi les syndicats représentatifs du transport aérien, dont le Syndicat national des pilotes de lignes (SNPL), pour tenter d'éviter une seconde grève après le mouvement qui a perturbé le trafic cette semaine. «Pour le gouvernement, cette proposition de loi est nécessaire» à l'information et à l'organisation des passagers, a déclaré Thierry Mariani lors d'un point presse, réaffirmant que, selon lui, elle ne compromettait pas le droit de grève. «N'oublions pas le droit des passagers», a-t-il poursuivi.
Yves Deshayes, président du SNPL, a quant à lui indiqué à l'issue des négociations que le gouvernement n'avait rien proposé, si ce n’est de «changer quelques virgules». «Maintenant c'est le calendrier parlementaire qui gouverne la suite des événements», a-t-il insisté. L'intersyndicale s'est réunie ce vendredi après-midi, et a décidé de se réunir à nouveau le 16 février prochain, a-t-on appris auprès du SNPL.
Adoptée en première lecture à l'Assemblée le 24 janvier, la proposition de loi doit être examinée au Sénat le 15 février, avant de revenir le 22 février en nouvelle lecture devant les députés, qui ont le dernier mot. «Plusieurs scénarios sont envisagés», a indiqué à Reuters Raphael Caccia, trésorier de la Fédération Générale des Transports et de l'Equipement CFDT, n'écartant pas la possibilité d'un appel à la grève. «Les modalités seront déterminées le 16», a-t-il ajouté.
En attendant, la situation semble loin de se débloquer entre gouvernement et syndicats. «Si un mouvement survient pendant les vacances scolaires, ce sera très clairement de la responsabilité du gouvernement», a dit le président du SNPL. «S'il y a une nouvelle grève pendant les vacances, c'est l'illustration parfaite qu'il fallait ce texte», a répliqué Thierry Mariani.