Eric Woerth a été mis en examen mercredi soir pour trafic d'influence passif par les juges d'instruction bordelais en charge des dossiers Bettencourt, au terme d'une journée d'audition qui a pris fin à 21h50, a indiqué le parquet de Bordeaux dans un communiqué.
«M. Eric Woerth a été entendu ce jour à partir de 09h30, dans le cadre de l'information judiciaire suivie par M. Jean-Michel Gentil, Mme Cécile Ramonatxo et Mme Valérie Noël, des chefs de trafic d'influence actif commis par un particulier, trafic d'influence passif commis par une personne investie d'un mandat électif public, financement illicite de parti politique ou de campagne électorale», indique le communiqué.
«A l'issue de cette audition qui a pris fin à 21h50, il a été mis en examen du chef de trafic d'influence passif, délit prévu et réprimé par les articles 432-11 et 432-14 du Code pénal», ajoute le parquet. Le délit de trafic d'influence est puni de dix ans d'emprisonnement et 150.000 euros d'amende.
A ce stade de l'affaire, les juges n'ont donc pas retenu le financement illicite de parti politique, des faits dénoncés par l'ancienne comptable des Bettencourt, Claire Thibout, qui avait indiqué avoir remis en janvier 2007 150.000 euros en liquide à l'ancien homme de confiance de Liliane Bettencourt Patrice de Maistre, qui semblait les destiner à Eric Woerth pour le financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.
En revanche, le trafic d'influence passif pourrait viser notamment la manière dont Woerth est intervenu pour faire obtenir la Légion d'Honneur à Patrice de Maistre en 2008, alors que ce dernier avait embauché en 2007 son épouse Florence chez Clymène, la société gérant la fortune de Lilane Bettencourt et dirigée par Patrice de Maistre.
Une poursuite d'Eric Woerth de ce chef rappellerait la condamnation pour trafic d'influence de l'ancien ministre et sénateur Charles Pasqua à trois ans d'emprisonnement dont deux avec sursis et 100.000 euros d'amende le 27 octobre 2009, pour avoir fait obtenir la Légion d'Honneur à l'homme d'affaires d'origine russe Arcadi Gaydamak, concomitamment au versement d'importantes sommes d'argent à une association qu'il animait.