Hébergement des SDF: «Ils ne répondent jamais au 115, moi je laisse tomber»

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Publié le 8 février 2012.

REPORTAGE - Alors que le froid sévit sur la France, de nombreux SDF rencontrent des difficultés pour trouver une place en hébergement d'urgence. «20Minutes» est allé à leur rencontre...

«Ça fait longtemps que je n'y suis pas allé!» Farid, allongé et emmitouflé sur son matelas en mousse, avoue ne pas être un grand fan des centres d'hébergement d'urgence. Même s'il concède ne pas avoir réussi à dormir la nuit dernière.

Il faut dire que la température flirte allègrement avec les -5°C ce mardi matin. L'équipe de la maraude de jour du SAMU Social, venue à sa rencontre, lui propose pourtant d'appeler pour lui le 115 (le numéro national départementalisé d’urgence et d’accueil des personnes sans-abri). Sans succès.

Lignes occupées

Même refus un peu plus loin, rue Rivoli (Paris 1er arrondissement). Sur une bouche d'aération, Baizakov, arrivé du Kirghizstan il y a trois ans, se réchauffe comme il peut. Pour lui non plus, pas question d'appeler le 115. Ce soir, il dormira dehors. Comme tous les soirs.

Car l'obtention d'une place dans un centre d'hébergement d'urgence semble relever du parcours du combattant. «C'est vraiment compliqué», confirme le SDF dans un français hésitant. «Il faut appeler très tôt le matin. Dès 6h30, toutes les lignes sont occupées. Et à 7h, on nous dit souvent qu'il n'y a plus de place ou qu'il faut rappeler à 19h».

«Moi je laisse tomber»

En fin de journée, les lignes sont là encore saturées d'après lui. L'un de ses camarades d'infortune, Stanislav, confirme: «L'autre jour, j'ai attendu une heure et demi dans une cabine... Mais des fois, ça peut durer plus longtemps. Je suis fatigué d'appeler dans le froid».

Et malgré l'attente, le résultat n'est pas garanti, «même si des fois il y a des désistements. Mais là, on ne peut le savoir qu'à 23h».De son côté, Youssef a tranché: «Ils ne répondent jamais au 115, moi je laisse tomber. Je préfère rester ici, sur ma bouche d'aération».

Persévérance

Devant ces réactions, l'équipe de la maraude de jour du SAMU social avoue ne pas avoir d'autre solution que d'inviter à la persévérance. «On a eu des consignes ministérielles. Normalement, toutes les demandes doivent être pourvues.»

Reste encore à pouvoir formuler sa demande. Ce qui, pour beaucoup de SDF rencontrés,  semble difficile à réaliser.

Mathieu Gruel
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