Justice: Victimes et coupables bientôt réunis

INFO «20 MINUTES» e expérience va être menée dans une prison...

Vincent Vantighem

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Stéphane Jacquot est en charge des prisons à l'UMP.

Stéphane Jacquot est en charge des prisons à l'UMP. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Faire se rencontrer des femmes violées et des violeurs. Des meurtriers et des familles endeuillées. Au mieux, l'idée peut paraître saugrenue. Au pire malsaine. Stéphane Jacquot la défend pourtant. Président de l'Association nationale de justice réparatrice (ANJR), il va lancer cette expérimentation dans une prison de Seine-et-Marne.

Vers une proposition de loi

«Nous avons sélectionné trois victimes de viol, attouchements sexuels et meurtre, explique-t-il. Elles vont rencontrer trois coupables de ces faits en prison.» Selon nos informations, le dispositif prévoit quatre rencontres d'une heure et quart chacune. Avec un médiateur chargé d'«animer les débats». A terme, Stéphane Jacquot - également secrétaire national de l'UMP en charge des prisons - aimerait rédiger une proposition de loi. «Le sujet intéresse, confie-t-il. Nous avons beaucoup de demandes émanant de victimes de viol. Elles veulent voir leur violeur et comprendre pourquoi.»

La justice, elle, reste prudente. «Cette expérimentation est encore au stade de la définition», tempère Philippe Obligis, directeur adjoint de l'administration pénitentiaire en Ile-de-France, qui confirme cependant que le dispositif «pourra» être mis en place à la prison de Réau ou à celle de Melun. Pour convaincre de l'intérêt de sa démarche, Stéphane Jacquot publie justement un livre* sur le sujet ce mardi. Et compte démarcher les politiques. Nicolas Sarkozy s'est ainsi vu remettre un exemplaire vendredi. François Bayrou ou Christine Boutin s'y intéressent aussi. En le lisant, tous apprendront que «72% des études menées montrent que la justice réparatrice permet de réduire le taux de récidive».

* La Justice réparatrice (L'Harmattan, 13,30 euros). Présentation à 18h. Librairie Lardanchet (100, rue de Faubourg-Saint-Honoré, Paris 8e).

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