Le premier procès pénal dans l'affaire du Mediator se tiendra du 14 mai au 6 juillet inclus devant le tribunal correctionnel de Nanterre, a décidé ce lundi le président du tribunal de Nanterre Jean-Michel Hayat lors de l'audience de mise en l'état. A ce jour, 317 victimes présumées ont choisi la voie de la citation directe pour obtenir un procès pénal pour des faits de «tromperie aggravée», visant notamment le groupe Servier, son fondateur, Jacques Servier, 88 ans, ainsi que la société Biopharma qui a commercialisé le Mediator.
Deux informations judiciaires sur le Mediator ont par ailleurs été ouvertes à Paris, l'une pour «tromperie aggravée» et l'autre pour «blessures et homicide involontaires». Elles devraient durer plusieurs années avant un procès. Mi-décembre, la Cour de cassation avait décidé de ne pas regrouper toutes les procédures sur le Mediator en une même instruction menée à Paris, comme le réclamaient les laboratoires Servier.
Lors de l'audience de ce lundi, les avocats des parties civiles ont communiqué au tribunal la liste des 31 témoins qu'ils entendaient citer lors du procès ainsi que la liste des pièces sur lesquelles ils entendaient se fonder. Dans la liste de témoins, figurent notamment Irène Frachon, la pneumologue qui avait mis au jour les risques du Mediator, le député PS Gérard Bapt, des salariés des laboratoires Servier ainsi que d'anciens responsables de de l'Agence du médicament (Afssaps).
Le président du TGI de Nanterre, Jean-Michel Hayat -qui remplaçait exceptionnellement la présidente de la 15e chambre du tribunal correctionnel de Nanterre, Isabelle Prévost-Desprez- a fixé au 12 mars et au 11 avril deux réunions de travail préparatoires non publiques afin de préparer le procès, au grand dam des avocats des laboratoires Servier qui réclamaient une nouvelle audience de procédure avant le 14 mai.