Peut-on rouler en Vélib' en toute sécurité?

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Publié le 31 janvier 2012.

CYCLISME - A l'occasion d'une décision de justice sur un accident mortel impliquant un Vélib', «20 Minutes» fait le point sur la sécurité du vélo parisien en libre-service...

Le jugement ce mardi du chauffeur de bus qui avait écrasé une femme à Vélib’ en mai 2008 est sans équivoque: l’homme de 39 ans a été reconnu coupable d’homicide involontaire, et condamné à six mois de prison avec sursis et au paiement de 100.000 euros de dommages et intérêts à la famille de la victime, solidairement avec la RATP. Cette décision confirme ce que laissait déjà penser l’absence de la Ville de Paris sur le banc des accusés: aux yeux de la justice, seul le conducteur est responsable du drame, le Vélib’ et l’aménagement de la chaussée n’étant pas en cause.

La sécurité du Vélib’ en question

A l’époque, comme à chaque incident impliquant un vélo parisien en libre-service, la question de la sécurité des trajets à vélo en général et sur Vélib’ en particulier avait été posée. Il faut dire que c’était la deuxième fois depuis son lancement pendant l’été 2007 que le service voyait mourir un de ses usagers, et qu’en à peine plus d’un an, cinq autres accidents mortels avaient impliqué un Vélib’, soit sept morts en deux ans.

Mais depuis, rien. Le dernier accident mortel impliquant un Vélib’ remonte au mois d’août 2009. La même année, les chiffres de l’accidentologie parisienne dédouanaient les vélos en libre-service: alors qu’ils représentent 36% de l’ensemble des cyclistes parisiens, les usagers de Vélib’ n’étaient impliqués que dans 25% des accidents cyclistes. Une «sous-représentation dans l’accidentologie cycliste» qui «rend vaine toute spéculation sur la dangerosité intrinsèque du Vélib’», selon la mairie de Paris.

De bons chiffres, en amélioration

D’après ces chiffres, le Vélib’ s’en sort donc mieux que les autres vélos. Mieux encore: la situation générale du cyclisme parisien s’est améliorée ces dernières années. En 2010, 43 personnes sont mortes à Paris dans des accidents de la circulation. Parmi elles, 2 cyclistes: ceux-ci sont les moins représentés dans l’accidentologie, loin derrière les piétons (18 morts), les deux-roues motorisés (17 morts) et les voitures (6 morts). Un chiffre encore en amélioration pour 2011, selon la Préfecture de police de Paris.

Trois raisons principales sont évoquées pour justifier ces meilleurs résultats. D’abord, le fait qu’en dix ans, la pratique du vélo dans la capitale a été multipliée par deux: plus il y a de cyclistes dans les rues, plus les autres usagers de la route s’y habituent, et mieux ils sont respectés. Ensuite, les aménagements de la chaussée: il y avait 180km de pistes cyclables en 2001, il y en a désormais 700km. Enfin, la cause première des accidents mortels impliquant des cyclistes a été identifiée: c’est l’angle mort, qui touche surtout les conducteurs de gros véhicules, les plus dangereux pour les cyclistes. L’identification du danger a permis d’intensifier la sensibilisation au problème et a provoqué une baisse sensible de la dangerosité du cyclisme parisien.

Nicolas Bégasse
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