Campagne contre le harcèlement scolaire: l'avis de deux enfants

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Publié le 27 janvier 2012.

VOTRE AVIS - Nous avons montré les films de la campagne contre le harcèlement scolaire à Anna, 9 ans, et Alexis, 14 ans...

Le ministère de l’Education nationale a lancé ce mardi 24 janvier une campagne nationale contre le harcèlement scolaire. Avec  «Agir contre le harcèlement scolaire», l’Etat entend entre autres «sensibiliser, interpeller et mobiliser les élèves», sur les coups, moqueries, rumeurs, insultes, mises à l’écart, et autres comportements affectant, selon le sociologue Eric Debarbieux, un élève sur 10.
Trois vidéos seront  donc diffusées tout au long de l’année à la télévision et sur Internet. Intitulées «Les claques», «les injures» et «les rumeurs», elles mettent en scène des adolescents (comédiens amateurs), molestant un élève, diffusant des photos d’un second sur les réseaux sociaux, ou proférant des insultes contre une jeune fille refusant les avances d’un garçon.

Des vidéos qui se veulent «réalistes sans êtres incitatives», selon le ministère. Mais comment sont-elles perçues par les enfants et les adolescents, premiers concernés? Nous avons demandé à Alexis, 14 ans, élève de 3ème, et Anna, 9 ans, en classe de CM1, de visionner les trois films de la campagne contre le harcèlement scolaire.

«Ces films vont juste les faire rire»

Alexis ne se fait pas tellement d’illusions sur les retombées de la campagne. «Je pense que ceux qui harcèlent vont regarder ces vidéos en rigolant» lâche le jeune homme, la voix aussi posée que le discours. «Certains pourront avoir des remords, nuance-t-il, peut-être même vont-il arrêter, mais ils n’avoueront sûrement jamais leurs fautes, et n’encourageront pas les autres à arrêter».

La suite de l’avis d’Alexis: 



«J’ai peur que ça m’arrive»


Malgré ses 9 ans, Anna n’a pas eu besoin d’explications de texte pour décrypter les films.
Dans «les claques», elle voit un garçon «qui se fait maltraiter par les élèves. On le menace, on lui jette des gommes sur la tête, à la fin il en a marre, il veut tout dire à la prof». Ou encore sur «Les injures»: «il y a un garçon qui regarde mais qui ne dit rien. Il se sent coupable».

Si certaines subtilités lui ont échappé, pour Alexandra, sa maman, Anna a «très  bien compris de quoi il s’agissait». Il ne faut pas croire, «les enfants de ces âges sont assez familiarisés avec ce genre de problème. Les adultes évoquent de plus en plus facilement ce genre de choses devant les enfants. Et ils peuvent facilement surprendre une série policière qui y fait référence à la télévision.»

Lorsqu’apparaît à l’écran un garçon soufflant à une jeune fille, dans un coin de cour de récréation, «Allez, viens chez moi ce soir», pendant que ses mains glissent le long de ses hanches, («Les rumeurs»), les réactions d’Anna sont plus vives. «Elle a eu peur, peur que ça lui arrive. C’est une fille, et je pense que ces situations de violence avec un garçon lui parlent plus» explique Alexandra. Pas besoin de comprendre l’allusion sexuelle pour saisir le message: la contrainte.

«Je ne suis pas une rapporteuse»

A la fin du visionnage, pour la maman, enseignante, le pari de la vidéo est assez réussi. «Ce sont des situations que les enfants peuvent clairement vivre à l école, représentées de manière réaliste. Pour moi, le message est clair, et Anna a très bien compris que le moyen de combattre le harcèlement, c’est d’en parler».

Le plus dur en fait, sera peut-être de lier ce qui se passe dans la vidéo à des situations déjà vécues par la petite fille. En 2010, Anna a eu dans sa classe une élève qui «tapait assez facilement, sous forme de jeu et sans raison» raconte Alexandra. «Je me suis dit que ces vidéos, c’était l’occasion parfaite de revenir sur cet événement. Anna commençait un peu à cette époque à se laisser entraîner, et à faire comme l’autre élève. Je lui ai rappelé grâce aux vidéos que le ressenti de l’enfant en face est important, et que plutôt que de se laisser influencer, il fallait, comme elle le suggérait elle-même au sujet des films, en parler». Réponse d’Anna: «Je ne suis pas une rapporteuse».

Vos enfants ont-ils visionnés les vidéos de la campagne contre le harcèlement scolaire? Comment ont-ils réagis? Racontez-nous dans les commentaires ou écrivez-nous à reporter-mobile@20minutes.fr.

Christine Laemmel
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