Prothèses mammaires: PIP a-t-il acheté le silence de victimes?

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Publié le 29 décembre 2011.

POLÉMIQUE - Avant que le scandale n'éclate, l'entreprise aurait donné de l'argent aux femmes mécontentes de leurs prothèses défectueuses...

L’entreprise PIP, mise en cause pour ses prothèses mammaires défectueuses, savait-elle qu’elle fabriquait des produits non conformes? Et a-t-elle tenté d’acheter le silence de femmes mécontentes avant que le scandale n’éclate en 2010? C’est ce qu’affime Me Philippe Courtois, l’avocat de quelque 1.300 plaignantes.

«PIP a traité directement avec les femmes porteuses de ses prothèses en 2007-2008 et cela aussi bien en France qu'en Grande-Bretagne», a expliqué l'avocat, qui a accès au dossier.  «PIP aurait ainsi proposé 1.500 euros et une paire de prothèses à des femmes non satisfaites. L'information ne remontait pas ainsi aux cliniques et à l'Afssaps (Autorité française de sécurité sanitaire des produits de santé)», dit-il.

Un procès devrait se tenir avant fin 2012. L’entreprise PIP est poursuivie pour «tromperie aggravée», mais une instruction judiciaire pour pour «blessures et homicide involontaire», a également été ouverte.

Mélange d’huiles de silicone

D’après l’avocat, le nombre de femmes ayant porté plainte pour problèmes provoqués par des fuites de gel de silicone d’implants devrait monter à 3.000. Pour l’instant, 2.172 ont porté plainte. «Il y a encore des personnes qui découvrent qu'elles sont porteuses de prothèses PIP», dit-il. «Ainsi, plusieurs femmes n'ont pas reçu de la part de leurs chirurgiens et cliniques la carte présentant la nature et l'origine des implants mammaires dont elles sont porteuses.»

Philippe Courtois affirme que le gel non conforme contenu dans les prothèses PIP serait un mélange d'huiles de silicone provenant de sociétés américaine et belge.  La société américaine a refusé pendant longtemps de donner la composition de cette poudre en arguant d'un brevet protégeant cette composition, explique-t-il. 

Mise sous contrôle judiciaire du patron de PIP ?

L'avocat demande aussi que Jean-Claude Mas, le président fondateur de PIP, soit mis sous contrôle judiciaire pour éviter toute fuite avant son procès.  «Je suis très étonné que la juge d'instruction Annaïck Le Goff ne l'ait pas auditionné, mis en garde à vue et mis sous contrôle judiciaire», a-t-il ajouté.  Selon son avocat, Jean-Claude Mas réside actuellement dans le Var et est prêt à se rendre à toute convocation judiciaire. 

Après la découverte du scandale, le gouvernement français a recommandé, sans caractère d'urgence, le retrait des implants à titre préventif même si le lien entre les prothèses PIP et neuf cas de cancers suspects signalés sur son territoire, dont deux mortels, n'est pas démontré.  

M.P. avec Reuters
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