Jacques Chirac va être fixé sur son sort judiciaire ce jeudi

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Publié le 15 décembre 2011.

JUSTICE - Le tribunal correctionnel de Paris dira à 10h si l'ex-chef de l'État est reconnu coupable dans l'affaire des emplois présumés fictifs de la mairie de Paris...

Relaxé ou condamné? La justice se prononce ce jeudi sur la responsabilité de Jacques Chirac dans l'affaire des emplois présumés fictifs de la ville de Paris, qui remonte au début des années 1990, quand il était maire de la capitale.

Premier ancien président de la République à être jugé en correctionnelle, Jacques Chirac, 79 ans, n'avait pas assisté au procès qui s'est tenu du 5 au 23 septembre, ayant fourni un rapport médical faisant état de troubles neurologiques «sévères» et «irréversibles».

10 ans de prison encourus

Après presque trois mois de réflexion, le président de la 11e chambre, Dominique Pauthe, dira ce jeudi à partir de 10h si l'ex-chef de l'Etat est relaxé, comme l'a demandé le parquet, ou condamné.

Il se prononcera également sur ses neuf coprévenus, parmi lesquels le petit-fils du général de Gaulle, Jean de Gaulle, l'ex-secrétaire général de Force Ouvrière Marc Blondel, l'un des fils de l'ex-Premier ministre Michel Debré, François Debré, et deux anciens directeurs de cabinet, Michel Roussin et Rémy Chardon.

Poursuivi pour «prise illégale d'intérêt», «abus de confiance» et «détournement de fonds publics», Jacques Chirac encourt dix ans de prison et 150.000 euros d'amende. Mais s'il est déclaré coupable, la prison avec sursis ou une dispense de peine semblent plus probables.

Emplois rémunérés de 1990 à 1995

«Votre responsabilité morale et politique est immense», avait déclaré au tribunal l'un de ses avocats, Me Georges Kiejman. «Votre jugement sera la dernière image donnée de Jacques Chirac», avait-il souligné, plaidant la relaxe.

L'affaire a deux volets: l'un, instruit à Paris, porte sur 21 emplois et l'autre, instruit à Nanterre, sur sept postes. Les emplois en cause ont été rémunérés par la mairie de Paris de 1990 à 1995. Les juges d'instruction qui ont renvoyé Jacques Chirac en correctionnelle lui reprochent d'avoir mis les deniers municipaux au service de ses ambitions électorales et des intérêts de son parti, les emplois litigieux devant servir à élargir sa sphère d'influence.

Il était à l'époque maire de Paris, président du RPR et préparait la présidentielle de 1995, qu'il a remportée après deux échecs successifs.

Jacques Chirac a toujours récusé les faits qui lui sont reprochés. Il avait affirmé «n'avoir commis aucune faute pénale ou morale», dans une déclaration lue au procès par son avocat Jean Veil.

Un seul emploi peut constituer «une infraction», selon le parquet

Dans un réquisitoire qui s'apparentait davantage à une plaidoirie de la défense, le parquet avait demandé la relaxe de tous les prévenus.

Sur les 28 emplois en cause, le parquet avait relevé un seul cas pouvant éventuellement constituer une «infraction», celui du garde du corps octroyé par Jacques Chirac à Marc Blondel, mais avait préconisé une dispense de peine.

Sans son principal prévenu, le procès avait perdu beaucoup de son attrait médiatique, d'autant que de nombreux témoins n'avaient pas répondu à leur convocation, à commencer par le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé.  La principale victime, la ville de Paris, était également absente du procès, ayant renoncé à se porter partie civile à la suite d'un accord d'indemnisation de 2,2 millions d'euros conclu avec l'UMP et  Jacques Chirac.

© 2011 AFP
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