Illustration d'une consultation chez un medecin generaliste en Essonne . Carte vitale
Illustration d'une consultation chez un medecin generaliste en Essonne . Carte vitale - V. WARTNER / 20 MINUTES

Une idée étonnante pour compenser la pénurie de médecins dans les milieux ruraux. Françoise Tenenbaum, élue socialiste de Côte d’Or, a proposé de faire appel aux vétérinaires pour pallier les déserts médicaux.

Cette adjointe au maire de Dijon déléguée à la Solidarité et à la santé et vice-présidente du conseil régional de Bourgogne a formulé cette proposition dans un entretien aux Echos. «Pourquoi ne pas faire appel aux vétérinaires?», s’interroge dans le quotidien l’élue, qui suppose qu’«en leur proposant une année supplémentaire de formation, ils pourraient intervenir dans les maisons de santé.»

«Totalement irréaliste et dangereux»

«J'ai réfléchi à la problématique dans laquelle nous sommes, notamment en Bourgogne où il y a des déserts médicaux, et je me suis rendue compte qu'il y avait de vrais médecins dans les territoires, ce sont les vétérinaires, qui peuvent intervenir en urgence», a déclaré l'élue PS à l'AFP. Car l’élue n’envisage l’intervention des vétérinaires sur les patients qu’en cas d’urgence.  «Il faudrait définir une passerelle de formation et cadrer la mission de ces vétérinaires. Surtout, ce ne serait pas à la place du médecin mais en l'attendant.»

L’élue a déjà fait part de son projet au Conseil de l'ordre des médecins ainsi qu'à l'Agence régionale de santé. Cependant, la proposition de la maire-adjointe de Dijon ne fait pas l’unanimité: «C'est totalement irréaliste et dangereux! On n'est pas du tout compétents pour faire une médecine humaine», s’emporte Gérard Vignault, président du Conseil régional de l'ordre des vétérinaires de Bourgogne, pour qui «ce serait un recul des soins apportés aux gens».

Jean-Pierre Mouraux, président du Conseil de l'ordre des médecins de Côte-d'Or, préfère prendre la chose «avec humour». «C'est un pavé dans la marre et ça fait bouger les canards. On en retiendra les bonnes intentions», a-t-il poursuivi. Quant à la directrice de l'Agence régionale de santé de Bourgogne, Monique Cavalier, elle met en avant l’irréalisme du projet. «Aujourd'hui, ce n'est absolument pas pensable. La réglementation est claire, elle fait en sorte que nous ayons des médecins dans les zones rurales. Ça n'a été évoqué ni de près, ni de loin dans le plan régional de santé.»

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