«Professeure des écoles, je ne suis même pas surprise par cette séquestration»

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Publié le 7 décembre 2011.

TÉMOIGNAGE - Joséphine, professeur des écoles et internaute de «20 Minutes», a grandi à Berre L'Etang et fréquenté l'école Notre-Dame-de-Caderot. Elle commente, «à chaud», la séquestration qui a eu lieu dans cette école privée catholique...

«Le pire dans cette histoire, c'est que je ne suis même pas surprise... C'est le manque de communication entre l'école et les parents qui aboutit selon moi à ce genre de dérives. Puisqu'on sait être pédagogue avec les enfants, alors soyons le avec leurs parents.

Il règne dans les cours de récréation une méfiance, voire une suspicion généralisée à l'égard de toutes les remarques émanant des parents. "Il manquerait plus que les parents rentrent dans l'école comme dans un moulin", s’est déjà indigné une collègue. "J'essaie depuis la rentrée de rencontrer la maîtresse de ma fille, je n'aperçois même pas son visage à 16h30", lancent parfois des parents. C'est bien simple, j'ai l'impression en entendant mes collègues parler que dès que les parents veulent émettre un avis sur notre enseignement, il s'agit forcément d'une agression. 

"Comment? Il a osé me dire que je n'avais pas encore fait l'imparfait alors que c'est au programme! Il ne peut pas s'occuper de ses oignons!" ai-je déjà entendu. Si on prend le temps d'y réfléchir deux minutes, cette remarque signale que ce père s'intéresse à son enfant, à ce qui est fait en classe et aux programmes. Pour qui a travaillé dans des ZEP difficiles où les parents sont très souvent inexistants, c'est déjà bien et même très satisfaisant... Il faut peut-être tout simplement prendre le temps d'expliquer à ce papa inquiet pourquoi on n'a pas encore commencé à travailler l'imparfait, ce qu'il sera sûrement en mesure de comprendre... Au lieu de cela, on verrouille les portails et la communication en général.

Cette attitude méprisante se retrouve au sein des autorités académiques. En montrant aux parents que leur parole était prise au sérieux, l'institution aurait sûrement désamorcé ce conflit. De manière générale, l'école doit être plus à l'écoute des parents. C'est de cette manière que les parents reprendront confiance dans le système et arrêteront de dicter aux professeurs la manière dont ils doivent enseigner.»

Déposez vous-aussi votre témoignage dans les commentaires ou écrivez-nous à reporter-mobile@20minutes.fr.

Joséphine, internaute de «20 Minutes»
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