Des militants de Greenpeace se sont introduits lundi matin dans la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube), a annoncé l'organisation écologiste, une "intrusion" confirmée par la gendarmerie à l'AFP.
Des militants de Greenpeace se sont introduits lundi matin dans la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube), a annoncé l'organisation écologiste, une "intrusion" confirmée par la gendarmerie à l'AFP. - Alain Julien afp.com

© 2011 AFP

Des militants de Greenpeace se sont introduits lundi matin dans la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube), a annoncé l'organisation écologiste. Une «intrusion» confirmée par la gendarmerie à l'AFP. D'autres actions, non revendiquées, ayant été menées au Blayais, à Chinon et Cadarache. Dans un communiqué, Greenpeace précise s'être introduit vers 6h dans cette centrale nucléaire située à 95 km au sud-est de Paris «pour faire passer le message que le nucléaire sûr n'existe pas».

L'équipe de Greenpeace a été «immédiatement détectée» et l'évènement n'a eu aucune conséquence sur la sécurité des installations, a affirmé EDF dans un communiqué. Ces personnes «ont été immédiatement détectées par le dispositif de sécurité et leur cheminement a été suivi en permanence sur le site, sans qu’il soit décidé de faire usage de la force», a expliqué le groupe, ajoutant que sept des neuf personnes «ont été appréhendées dans le calme par la gendarmerie».

Tentatives d'intrusion dans les sites nucléaires de Blaye, Chinon et Cadarache

«Une partie des militants a réussi à grimper sur le dôme de l'un des réacteurs, où ils vont déployer une banderole: “Le nucléaire sûr n'existe pas”», a expliqué Axel Renaudin, chargé de communication de Greenpeace. Au moins une compagnie de gendarmerie était sur place, ainsi que le Peloton spécialisé de protection de la gendarmerie (PSPG). Ces unités, formées par le Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) et chargées de lutter contre les «intrusions et les actes de malveillance», doivent pouvoir intervenir rapidement.

Plus tard dans la matinée, la gendarmerie a signalé des tentatives d'intrusion dans les sites nucléaires de Blaye (Gironde), Chinon (Indre-et-Loire) et Cadarache (Bouches-du-Rhône). A Chinon et au Blayais, EDF a annoncé que des banderoles avaient été déployées et «immédiatement retirées», sans préciser si c'était à l'intérieur ou à l'extérieur.

«Le but est de démontrer la sensibilité des installations nucléaires françaises, et à quel point il est facile d'atteindre le coeur d'une centrale», a souligné Sophia Majnoni, chargée des questions nucléaires pour Greenpeace. «Cette opération montre à quel point nos sites sont fragiles aux facteurs d'agression extérieurs, non naturels» Vers 8h30, les militants étaient toujours dans la centrale, dont certains sur le dôme du réacteur, selon Axel Renaudin.

Une action «irresponsable» selon Guaino

Interrogé sur France Info, le ministre de l'Industrie Eric Besson a évoqué de possibles «dysfonctionnements» et a avoué sa surprise. «Si l'enquête confirme [que Greenpeace est entré dans la centrale], cela veut dire qu'il y a eu dysfonctionnements et qu'il faudra prendre des dispositions pour que ça ne se reproduise pas», a-t-il ajouté.

Interrogé par BFMTV-RMC, Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, a jugé l'action «irresponsable de [la] part» de Greenpeace. «Il va falloir en tirer des conséquences. On ne peut pas permettre que n'importe qui puisse entrer aussi facilement que ça dans une centrale nucléaire. On peut imaginer ce que certains pourraient en faire», a-t-il poursuivi.

Greenpeace dénonce l'«opération de communication» du gouvernement sur la sûreté nucléaire

«Il faut revoir l'approche globale de la sécurité des centrales. [La politique actuelle] ne prend en compte ni le risque terroriste ni le risque d'une chute d'avion ou d'une explosion chimique ou d'un acte de malveillance», a souligné de son côté Sophia Majnoni. Elle a dénoncé l'audit lancé par le gouvernement sur la sécurité des centrales nucléaires, y voyant «une opération de communication qui ne prend en compte que les risques déjà identifiés dans le passé et ne tire pas les leçons de Fukushima».

La centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine, construite en 1987 et qui possède deux réacteurs, a été choisie par l'association «car elle est la plus proche de Paris», selon Greenpeace. Plus de dix millions d'habitants se trouvent dans un rayon de 100 km autour de la centrale, selon l'organisation.  

>> Regardez les premières images de l'opération de Greenpeace: