Des policiers enquêtent après une fusillade à Marseille, le 2 décembre 2011.
Des policiers enquêtent après une fusillade à Marseille, le 2 décembre 2011. - GERARD JULIEN/AFP

Nicolas Bégasse avec agences

Des interpellations ont eu lieu et d'autres suivront après une série de fusillades à l'arme de guerre, a annoncé vendredi Claude Guéant. «Nous avons fait un certain nombre d'interpellations. Elles continueront».

La loi des séries

En moins d’une semaine, trois fusillades à la kalachnikov ont secoué la cité phocéenne et sa région, faisant trois morts et deux blessés graves dans des affaires distinctes. «Cela faisait plusieurs semaines que nous n'avions pas eu une telle série à Marseille», constatait vendredi le secrétaire régional du syndicat de police Alliance, David-Olivier Reverdy.

La dernière en date s’est déroulée jeudi soir, peu avant minuit: elle a fait un mort et un blessé grave dans un snack du quartier Saint-Antoine (15e arrondissement), selon un mode opératoire faisant penser à «une exécution», a indiqué une source proche de l'enquête. D'après cette source, une grosse cylindrée, volée, s'est arrêtée devant la pizzeria. Le passager, cagoulé, vêtu de sombre et armé d'une kalachnikov, est sorti de la voiture en tirant en direction de la pizzeria, avant de pénétrer dans l'établissement où se trouvaient quatre personnes.

«Un règlement de compte, tout ce qu’il y a de plus banal»

Ali Atia, 41 ans, est tombé sous les balles. L'homme, issu de la cité marseillaise des Flamands, était connu de la justice pour 19 affaires. Un autre homme a été blessé. Agé de 32 ans, il est connu pour 15 affaires. Son pronostic vital était engagé vendredi matin. Pour David-Olivier Reverdy, qui s'inquiète du «climat général» ambiant, il ne doit cependant pas être fait d'«amalgame»: «La fusillade de (jeudi) n'est qu'un règlement de comptes, tout ce qu'il y a de plus «banal», même si encore une fois une arme de guerre a été utilisée.»

Le dossier a été confié à la Brigade criminelle, déjà chargée de plusieurs affaires de règlements de comptes qui ont frappé la ville ces derniers mois. Une opération de police a eu lieu vendredi à l'aube dans la cité des Lauriers (14e arrondissement) pour «chercher des armes et des produits stupéfiants», selon Alain Gardère, le préfet délégué à la sécurité en PACA. «Et je peux vous dire qu'il y en aura d'autres», a ajouté le préfet, précisant qu'un hélicoptère avait été utilisé en appui des forces de l'ordre pour débusquer ce qui était entreposé «sur les toits des immeubles».

Une série qui agace la police

Parallèlement, plusieurs centaines de policiers se sont rassemblés en silence vendredi à midi devant la préfecture de police à Marseille, «en soutien à notre collègue qui est toujours entre la vie et la mort», explique Frédéric Lagache, du syndicat Alliance, présent sur place et contacté par 20 Minutes. «Les policiers en ont ras-le-bol d’être pris pour des lapins», témoigne le syndicaliste, qui estime que «les voyous n’ont plus peur de rien: un ministre vient à Marseille, et dans la foulée il y a un braquage

Cette fusillade intervient après un début de semaine violent dans Marseille et sa région. Lundi, un homme de nationalité roumaine avait été abattu par la police lors d'une fusillade au sortir du braquage d'une enseigne de bricolage dans le 13e arrondissement, ses deux complices ayant ouvert le feu sur la police au moyen notamment d'une kalachnikov. Quelques heures auparavant, dans la nuit de dimanche à lundi, un malfaiteur avait été tué et un policier avait été très grièvement blessé par une rafale de kalachnikov à l'issue d'une course poursuite à Vitrolles (Bouches-du-Rhône).