Un policier recherche des indices, le 28 novembre 2011 à Vitrolles, à la suite d'une fusillade entre la police et des malfaiteurs.
Un policier recherche des indices, le 28 novembre 2011 à Vitrolles, à la suite d'une fusillade entre la police et des malfaiteurs. - BORIS HORVAT / AFP

Nicolas Bégasse avec agences

Un policier aixois de 37 ans a été grièvement blessé lors d'une fusillade survenue dans la nuit de dimanche à lundi à Vitrolles, dans les Bouches-du-Rhône, a-t-on appris de source policière. Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant s'est rendu à son chevet, à Marseille. Membre de la Brigade anti-criminalité (Bac) d'Aix-en-Provence, le fonctionnaire de police a reçu une balle dans la tête et deux autres dans l'abdomen. Transporté dans un état grave à l'hôpital Nord de Marseille, son pronostic vital était engagé.

Le policier participait à une course poursuite pour tenter d'intercepter quatre malfaiteurs soupçonnés de piller les entrepôts de la zone d'activité des Estroublans de Vitrolles. L'un des malfrats présumés, âgé de 20 ans, a été retrouvé mort dans un véhicule. De source proche de l'enquête, on indique qu'il été tué involontairement par «un de ses complices». Il s'agirait d'un membre du «gang des disqueuses», a-t-on appris de source proche de l'enquête. «Il a été tué par un tir complice, les policiers n'ont pas ouvert le feu», a indiqué David-Olivier Reverdy, du syndicat Alliance police nationale.

«ils ont ouvert le feu à l'aveugle»

Ses trois complices présumés, qui ont pris la fuite, étaient activement recherchés ce lundi par la Brigade criminelle de la police judiciaire qui a été chargée de l'enquête. Selon la Provence, la police a investi un camp de gens du voyage à Marseille lundi matin dans le cadre de la recherche des malfaiteurs. Des perquisitions étaient en cours mais aucune interpellation n'avait eu lieu, précise le quotidien. A propos de l'enquête, Claude Guéant a déclaré ce lundi matin: «La police nationale va tout faire pour retrouver les auteurs de cette fusillade. L’un des assaillants a été tué, mais on est incapable de dire dans quelles conditions.» Le ministre a ajouté que l'identité du malfrat présumé aiderait les enquêteurs à remonter jusqu'aux autres.

Les faits se sont déroulés vers 2h30 dans la nuit de dimanche à lundi. Suivi à la trace par les policiers pour des soupçons de cambriolage, le véhicule des malfaiteurs a été arrêté par une herse disposée sur la chaussée. «Ils ont ouvert le feu à l'aveugle pour couvrir leur fuite. On a relevé une quinzaine d'impacts sur le véhicule de police», indique une source policière. «Nous prenons des nouvelles de la santé de notre collègue, il s'agit d'un acte odieux qui marque une volonté délibérée de tuer du policier», a réagi David-Olivier Reverdy, secrétaire régional du syndicat de police Alliance.

Dominique Moyal, le procureur d'Aix-en-Provence, a quant à lui qualifié ce lundi d'«acte de guerre» la risposte des malfaiteurs. Il a par ailleurs souligné la «disproportion» entre l'ampleur de la fusillade et le «butin misérable».