Quelles sont les caractéristiques de la délinquance des mineurs?

22 contributions
Publié le 22 novembre 2011.

POLICE - Selon un rapport publié ce mardi, 19% des personnes mises en cause dans des crimes et délits en 2010 avaient moins de 18 ans...

Moins de vols, plus de violences. Un rapport de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) publié ce mardi fait le point sur la criminalité en France en 2010. Un des traits saillants de cette enquête est la part de mineurs impliqués dans un crime ou un délit:  sur les 1,146 million de personnes mises en cause pour un crime ou un délit en 2010, 216.243 avaient moins de 18 ans, soit 18,9% - un pourcentage stable en 5 ans.  

«Il y a une spécificité de la violence des mineurs», indique Christophe Soulez, le directeur de l’Observatoire. Ainsi, les plus jeunes sont rarement impliqués dans des homicides – environ 30 sur près de 700 meurtres en France en 2010. Les mineurs sont en revanche majoritaires dans les vols violents sans arme (ils représentent 52,7% des mis en cause dans cette catégorie). Ils sont par ailleurs impliqués dans 36,6% des vols à l’arme blanche, et dans 18,3% des vols à main armée.

Les petits commerces pris pour cible

Selon Christophe Soulez, cette forte proportion s’explique par le fait que la police a mis beaucoup de moyens ces dernières années sur d’autres phénomènes, comme le trafic de stupéfiants. «Plus les forces de l’ordre mettent l’accent sur certains domaines, plus la délinquance se déplace», explique-t-il.

Ainsi, selon le criminologue, des mineurs qui pouvaient avoir l’habitude de tirer un revenu de trafics s’en prennent désormais par exemple «à des petits commerces». D’une part ce sont «des cibles moins protégées», et d’autre part ce sont des attaques «qui peuvent se commettre rapidement», et pour lesquelles  «il y a moins de risques de flagrant délit» que sur d’autres vols.

41% des viols sur mineurs commis par des moins de 18 ans

De manière générale, «les mineurs s’attaquent particulièrement à des personnes vulnérables et à des personnes évoluant dans leur environnement proche». Ainsi, on note une importante proportion de jeunes de moins de 18 ans dans les viols sur mineurs (plus de 1.500 impliqués, soit 41% des personnes mises en cause). Les auteurs de ce genre de faits «s’en prennent généralement à des filles qu’ils connaissent, ou du moins qu’ils ont déjà vues, ne serait-ce qu’une fois». En revanche, seuls 3 % de jeunes ont été impliqués dans des viols sur majeurs.

Autre caractéristique de la délinquance des mineurs: l’augmentation du nombre de filles mises en cause. En cinq ans, leur nombre a progressé de 34%. «Il faut relativiser», tempère le directeur de l’ONDRP, qui souligne qu’elles ne représentent qu’«un petit nombre des mis en cause – environ 3%». Mais, selon Christophe Soulez, cette accroissement est presque naturel: «Il n’y a aucune raison qu’elles restent à l’abri de la banalisation de la violence», note-t-il. Et, selon lui, le phénomène d’imitation est important: «Quand elles voient un garçon obtenir, par exemple, un casque audio par le vol, elles se disent "Pourquoi pas moi?"»

Enora Ollivier
publicité
publicité
publicité

publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr