Après la macabre découverte du corps d'Agnès, la direction du collège où étudiaient la victime et le meurtrier présumé s'est dite indignée. Elle ne savait pas pour quelle raison le jeune homme, déjà coupable d'un viol, avait fait de la prison. De quoi relancer la polémique sur l'encadrement des mineurs délinquants.
Au 1er octobre, les mineurs détenus dans les prisons françaises étaient 687. Soit 1,1 % de la population carcérale. Derrière la réalité brute des chiffres, c’est surtout l’évolution de la délinquance des mineurs qui inquiète les autorités. Le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, en a même fait une de ses priorités en arrivant Place Beauvau. Depuis 2004, la délinquance des mineurs a bien changé. A tel point que l’Office national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) a décidé d’y consacrer une étude.
73.000 mineurs jugés en 2009
Si le nombre de mineurs mis en cause pour des faits de violence sexuelle est stable ces dernières années (autour de 15.000 chaque année), on apprend en revanche dans cette étude que le nombre de mis en cause pour des faits de violence a explosé. D’un peu plus de 100 000 en 2004, il est passé à 155 000 en 2009, soit une hausse de 43 %. En 2009, 73 958 mineurs ont ainsi été jugés en France, dont 353 pour des crimes.
Une évolution que le gouvernement a voulu enrayer. Dans le projet de loi sur les jurés populaires, la Chancellerie a acté la création d’un tribunal correctionnel spécial pour les mineurs récidivistes.