L'émergence régulière de nouvelles drogues, certaines vendues sur internet comme des substances légales, constitue le "défi de la décennie" auquel l'Europe doit désormais répondre, a mis en garde l'Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT).
L'émergence régulière de nouvelles drogues, certaines vendues sur internet comme des substances légales, constitue le "défi de la décennie" auquel l'Europe doit désormais répondre, a mis en garde l'Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT). - GUILLERMO LEGARIA afp.com

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L'émergence régulière de nouvelles drogues, certaines vendues sur internet comme des substances légales, constitue le "défi de la décennie" auquel l'Europe doit désormais répondre, a mis en garde l'Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT).

Dans son rapport annuel publié mardi à Lisbonne, l'Observatoire estime en revanche que la consommation de cocaïne pourrait "avoir atteint un sommet", celle du cannabis "céder du terrain chez les jeunes" tandis que celle des drogues de synthèse telles l'ecstasy et les amphétamines est "globalement stable ou en recul".

Sur le front des nouvelles drogues, 39 nouvelles substances ont été repérées depuis le début de l'année après 41 substances nouvelles notifiées à l'OEDT et à Europol en 2010. Ainsi, plus de 150 substances sont désormais surveillées par le système européen d'alerte précoce (EWS).

"L'émergence rapide de nouvelles substances psychoactives non contrôlées -souvent vendues sous l'appellation "euphorisants légaux"- constitue un défi croissant tant en Europe qu'à l'échelle internationale", indique l'OEDT.

Face à cette situation "les politiques antidrogue et les réponses européennes doivent désormais être configurées pour répondre aux défis de la prochaine décennie", a commenté Wolfgang Götz, directeur de l'OEDT.

La principale difficulté pour enrayer cette montée en puissance tient principalement à une "interaction croissante" entre les marchés des "euphorisants légaux" et les substances illicites", selon le rapport qui met en avant l'apparition d'un nombre record de 600 boutiques, vendant en ligne des substances psychoactives.

L'OEDT cite notamment la méphédrone, une drogue de synthèse proche de la cocaïne ou de l'ecstasy, vendue à la fois en ligne comme un "euphorisant légal" et par "l'intermediaire de réseaux illégaux".

La plupart des nouvelles drogues sont notamment des cannabinoïdes de synthèse, des cathinones (khat) de synthèse ou encore des dérivés synthétiques de médicaments (comme la kétamine ou la phéncyclidine PCP).

"À l'image du monde dans lequel nous vivons le marché de la drogue est en évolution de plus en plus rapide et globalisé, prompt à s'adapter aux menaces et aux opportunités", a commenté Wolfgang Götz.

Le constat est en revanche légèrement plus optimiste en ce qui concerne la cocaïne et le cannabis.

"Certains indices positifs suggèrent que la consommation de cocaïne pourrait avoir atteint un sommet et que l'usage de cannabis continue à céder du terrain chez les jeunes", note le rapport.

Parmi ces "indices" le fait que des pays tels que le Danemark, l'Espagne, l'Italie et le Royaume Uni -- quatre des cinq pays dont les niveaux de consommations sont les plus élevés en Europe - ont enregistré "un recul de la consommation de cocaïne au cours des douze derniers mois chez les jeunes adultes (15 à 34 ans)", une tendance également observée au Canada et aux Etats-Unis.

La crise économique qui sévit actuellement dans de nombreux pays européens pourrait expliquer en partie ce recul dans la mesure où le coût relativement élevé de la cocaïne, entre 50 et 80 euros le gramme, peut en diminuer l'attrait, souligne l'OEDT.

Parallèlement, le nombre de saisies de cocaïne, en augmentation constante, est passé de 56.000 en 2004 à 99.000 en 2009.

L'OEDT note d'autre part que la baisse de la consommation de cannabis pourrait être en partie liée à celle du tabac, les deux substances étant souvent consommées ensemble. Le cannabis n'en reste pas moins la drogue "la plus populaire en Europe".

Enfin, en ce qui concerne les amphétamines et l'ecstasy, l'OEDT note que les tendances des cinq dernières années montre un usage "globalement stable ou en recul" chez les jeunes adultes de 15 à 34 ans.