Des fondamentalistes chrétiens manifestent contre la représentation de la pièce «Sur le concept du visage du fils de Dieu», de Romeo Castellucci, à Rennes, le 10 novembre 2011.
Des fondamentalistes chrétiens manifestent contre la représentation de la pièce «Sur le concept du visage du fils de Dieu», de Romeo Castellucci, à Rennes, le 10 novembre 2011. - DAMIEN MEYER / AFP

Reuters

Plusieurs centaines de catholiques intégristes ont manifesté jeudi soir à Rennes pour protester contre la représentation d'une pièce de théâtre jugée «blasphématoire».

Venus par autocars de tout le Grand Ouest et principalement de Vendée à l'appel de l'institut Civitas, ces chrétiens ont chanté des cantiques debout ou agenouillés dans la rue aux abords du TNB (Théâtre National de Bretagne), transformé pour l'occasion en camp retranché par les forces de police. La pièce en cause, «Sur le concept du visage du fils de Dieu» de l'Italien Romeo Castelluci, où l'on voit un vieillard incontinent et son fils affrontant cette déchéance sous le regard du Christ, a pu se dérouler sans incident devant 250 spectateurs, qui lui ont réservé une chaleureuse ovation.

«Le visage du Christ est souillé»

Fin octobre à Paris, des catholiques intégristes ont affronté des policiers en marge de la représentation de cette pièce de théâtre, des jets d'oeufs et d'huile de vidange étant même effectués sur le public à l'intérieur du Théâtre de la Ville. «Je n'ai rien vu de blasphématoire dans cette oeuvre, bien au contraire. Elle parle du sens de la vie, de la mort, de déchéance et de rédemption», a commenté le maire (PS) de Rennes Daniel Delaveau.

De leur côté, les catholiques intégristes venus manifester ont annoncé qu'ils reviendraient pour les deux autres représentations prévues à Rennes. «Il ne faut pas qu'il y ait une seule représentation sans qu'il y ait des catholiques devant le théâtre pour faire oeuvre de réparation. Il s'agit d'une profanation à partir du moment où le visage du Christ est souillé», a déclaré Alain Escada, secrétaire général de Civitas.

Le père Nicolas Guillou, représentant l'archevêque de Rennes Mgr D'Ornellas, qui avait condamné les appels à manifester évoquant une «erreur de perspective», a jugé quant à lui à l'issue du spectacle que le Christ y était «très présent» et qu'il y était avant tout question d'une «humanité qui se pose des questions sur la base de Dieu».