Un vent de polémique à Brest. La ville bretonne accueille, le 3 décembre prochain, l’élection de Miss France 2012, et a conclu un accord avec Endemol, accordant à la société organisatrice du concours une subvention de 237.000 euros. Les élus brestois d’Europe Ecologie-Les Verts protestent contre l’attribution de cette somme, comme l’explique Christian Bucher, chargé de mission du groupe.
Il y a deux aspects qui nous dérangent. D’abord l’utilisation de l’argent public: c’est une opération privée, qui aurait dû être financée par des fonds privés. Il y a des grands besoins sociaux à Brest, qui nécessiteraient d’être financés. Et quand on voit comment certaines associations galèrent pour obtenir 100 euros de subvention, ça nous choque de voir qu’on donne cette somme de 237.000 euros à Endemol, qui gagne déjà beaucoup d’argent. Ensuite, c’est un spectacle qui diffuse une image dégradante de la femme, où on s’attarde sur sa plastique. En plus, on a ici, à Brest, des femmes de valeur qui mériteraient davantage d’être distinguées, comme Irène Frachon [médecin pneumologue qui a révélé l’affaire du Médiator].
C’est l’argument du maire, c’est aussi celui du comité Miss France. On l’entend, évidemment, mais il y a bien d’autres moyens de mettre en valeur Brest que celui-ci. Le maire a eu une démarche assez basique: Il a calculé que la ville allait bénéficier de 8 minutes de télévision, que c’était une opération rentable, et il n’est pas allé plus loin.
Les écologistes sont effectivement minoritaires au conseil municipal de Brest [qui compte 57 membres, dont quatre d’Europe Ecologie-Les Verts]. Mais par exemple, le MoDem, qui n’a pas d’élus, s’est également exprimé contre cette subvention.
Bien sûr, on ne prétend pas qu’il n’y pas un engouement pour cette élection, puisque toutes les places ont été rapidement vendues. Mais sur le terrain, beaucoup de gens soutiennent notre position.