Les «indignés» français ne mobilisent pas les foules

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Publié le 15 octobre 2011.

MANIFESTATION - Des rassemblements se tiennent dans une trentaine de villes...

L'appel au changement. Des groupes d'«indignés» ont commencé à manifester ce samedi en France comme dans plus de 80 pays de la planète pour dénoncer le poids de la finance et réclamer une «démocratie réelle".  Au pays de Stéphane Hessel, auteur d'«Indignez-vous», qui a donné son nom au mouvement à travers le monde, la mobilisation est restée jusqu'ici limitée et les cortèges restaient peu fournis samedi.

Ceux qui se surnomment «les 99%» et ne tolèrent plus la «cupidité» des 1% les plus favorisés se sont néanmoins fait entendre dans une trentaine de villes de province. A Paris, différents groupes se sont rassemblés en début d'après-midi devant les gares, place du Châtelet et dans le quartier de Belleville, notamment.

Démocratie «réelle»

Tous devaient ensuite converger vers 17h00, après un passage pour certains près de la Bourse, devant l'Hôtel de ville pour tenir une «assemblée populaire», selon le mouvement «Démocratie réelle maintenant».

Le rassemblement devait être connecté à ceux de Madrid, Bruxelles et New York, notamment. Devant le métro Belleville, environ 400 personnes, selon les organisateurs, se sont réunies dès le début de l'après-midi pour préparer des banderoles sous le soleil et se rendre au son d'une fanfare jusqu'à la mairie. «C'est un mouvement qui cherche à créer un espace pour une réelle démocratie», a dit un porte-parole à Reuters.

«République, c'est nous»

Les «indignés» étaient environ 500 à Grenoble, selon les organisateurs, mais ils n'étaient qu'une centaine à Marseille où ils se sont regroupés sur la place du général De Gaulle, à proximité de la chambre de commerce. A Nantes, une centaine de personnes se sont rassemblées sur la place Royale, une zone piétonne du centre-ville sur laquelle quatre banques ont installé des succursales.

«Je suis ici pour pointer les incohérences du système», explique Géraldine, une salariée du secteur socio-culturel, qui a revêtu la robe blanche et le bonnet phrygien rouge de Marianne, figure de la République française. «On nous demande d'aller voter pour des choses qui sont déjà décidées. Or, la République, c'est nous, pas le type qui a fait l'ENA !», ajoute-t-elle.

Pas de mobilisation massive

Un peu plus loin, Robin Salecroix, un agent administratif de 20 ans, explique que le but est de «rassembler un maximum de citoyens contre la dictature des marchés et des banques, et reprendre la main sur la politique». «Le pouvoir en place travaille au profit de quelques-uns en ignorant aussi bien la volonté de la majorité que le prix humain et environnemental que nous payons. Cette situation intolérable doit cesser, dit le mouvement Occupy France.

Les «indignés» peinent toutefois à attirer les foules en France. Des chercheurs expliquent ce phénomène par le fait que le chômage des jeunes est moins massif qu'en Espagne, par exemple, que le mouvement syndical canalise déjà les revendications et que la France est en période électorale, à quelques mois de la présidentielle. En outre, les forces de l'ordre ont systématiquement empêché les indignés français d'occuper durablement un lieu, comme les marches de l'Opéra Bastille.

A.-L.B. avec Reuters
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