Le samu devant le lycée Jean-Moulin de Béziers, où une enseignante a tenté de s'immoler par le feu le 13 octobre 2011.
Le samu devant le lycée Jean-Moulin de Béziers, où une enseignante a tenté de s'immoler par le feu le 13 octobre 2011. - BORIS HORVAT / AFP

Alexandre Sulzer

Après l'immolation par le feu d'une enseignante à Béziers, les syndicats de professeurs se veulent prudents. «C’est toujours compliqué de distinguer les motifs personnels des motifs professionnels dans un tel geste», met en garde Frédérique Rolet, secrétaire général du Syndicat national des enseignements de second degré (Snes).

«Mais s’immoler sur son lieu de travail a quand même un sens. L’Education nationale n’a aucune politique de ressources humaines, d’accompagnement des personnes en difficulté», pointe du doigt la syndicaliste. Selon elle, le taux de suicide chez les professeurs est plus élevé que la moyenne.

La forme même de la tentative de suicide, l’immolation, «est particulièrement violente». «Je n’irais pas jusqu’à dire qu’il y a un “syndrôme France Télécom”, mais l’Education nationale est touchée de façon brutale par la réorganisation des personnels», complète Albert-Jean Mougin, vice-président du Syndicat national des lycées et collèges (Snalc). Lui aussi dénonce un «métier de plus en plus difficile, plus exposé». «On demande aux profs plus de tâches, on leur met plus de pression sans qu’ils soient pour autant soutenus par l’institution. Tout cela peut conduire à des gestes douloureux..»