Des passagers attendent le métro à la station Saint-Lazare, à Paris, le 23 septembre 2010.
Des passagers attendent le métro à la station Saint-Lazare, à Paris, le 23 septembre 2010. - B.TESSIER / REUTERS

Corentin Chauvel

Dimanche dernier, un jeune homme de 25 ans a échappé de justesse à la mort, jeté sous les roues d’un métro parisien par un «pousseur», un déséquilibré de 30 ans. Ni la RATP ni la préfecture de police de Paris ne disposent de statistiques précises sur le phénomène mais il s’agirait de cas rares et isolés. S’il y a «des tas de configurations différentes», Magali Bodon-Bruzel, chef du Service médico-psychologique régional (SMPR) de Fresnes (Val-de-Marne), a pu en établir un certain profil.

Contactée par 20Minutes, la psychiatre est co-auteure d’une étude effectuée en 2005 sur huit cas hospitalisés au Centre Paul-Guiraud à Villejuif (Val-de-Marne). Ces patients, tous masculins, avaient à eux huit poussé treize personnes dans le métro parisien, tuant trois d’entre elles.

«Ce sont des gens malades qui ne cherchent pas à faire du mal»

«Ce sont tous des malades mentaux», affirme Magali Bodon-Bruzel qui en avait examiné quatre à l’époque. «Ils ont perdu tout sens de la réalité, ils obéissent à des voix, ils ont peur pour des raisons de persécution délirante et réagissent en individualisant la victime, en interprétant un regard», précise-t-elle.

Dans les cas qu’elle a étudié, la psychiatre est formelle: «Ce n’est pas un acte gratuit, ce sont des gens malades qui ne cherchent pas à faire du mal, il y a un contexte hallucinatoire et délirant». On retrouve également un «contexte toxique» avec une consommation d’alcool ou de cannabis. «Mais ce n’est pas le premier élément causal», indique Magali Bodon-Bruzel.

«On peut les soigner, on a des médicaments»

Il n’y a pas non plus de lien particulier avec le métro. «Aucun ne délirait sur le métro, ils se sont trouvés là par hasard parce qu’il s’agit d’un moyen de transport quotidien, sauf l’un d’entre eux qui était clochardisé», explique la psychiatre.

Il est ainsi, selon Magali Bodon-Bruzel, toujours aussi difficile de se prémunir contre les pousseurs du métro: «C’est le problème des malades dangereux, leurs actes ne sont pas prévisibles, sauf si on les examine avant car on peut les soigner, on a des médicaments, des traitements contre les psychoses».