Affaire Michel Neyret: Qu'en pensent ses collègues?

10 contributions
Publié le 5 octobre 2011.

RÉACTIONS - L'affaire Neyret a provoqué un «terrible séisme» au sein de la police, d’après les propres mots de Claude Guéant, ministre de l'Intérieur. Les policiers, qu'ils soient ex-flics, syndicalistes ou amis de Neyret, ont réagi aux accusations qui pèsent contre l'ex-numéro 2 de la PJ de Lyon...

Les réactions au sein de la police et des proches de Michel Neyret ont été vives… et nuancées. Il y a d’abord les incrédules, comme Olivier Marchal, ancien de la PJ et ami de Neyret. «Quand j’ai entendu son histoire, je n’y croyais pas: c’est un incorruptible, déclare le réalisateur. J'espère qu'il a juste déconné en croyant bien faire son boulot.»

D’autres paraissent moins étonnés, parlant d’une «fragilité». « Je pense que l'éloignement géographique de Neyret à Nice de 2004 à 2007, loin de ses attaches, a pu favoriser sa vulnérabilité», a estimé au micro de RTL Christian Lothion, ami de Michel Neyret et chef de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). «Même si je crois que le début de sa dérive remonte à un ou deux ans seulement. Il ne devait plus avoir la même rigueur professionnelle».

Les réactions sont divisées à propos de certains faits reprochés à l’ex-numéro 2 de la PJ lyonnaise, notamment ceux qui concernent les cadeaux et services qu’il aurait offerts à ses indics pour les rémunérer. «Détourner des saisies de stupéfiants pour rémunérer les indics, c’est une pratique qui ne devrait plus exister depuis 2004», déclare sans détour Mohamed Douhane, du bureau national du syndicat Synergie Officiers. «Il y a une extrême minorité de policiers à la papa qui poursuivent ces pratiques par souci de faire tomber des gros bonnets», continue-t-il. «Mais la fin ne justifie jamais les moyens».

«Dans les années 90, on serait tous tombés»

Autre syndicat de policiers, autre ton: Frédéric Lagache, d’Alliance, reconnaît qu’on «n’attrape pas des mouches avec du vinaigre. On connaît les règles, mais parfois la passion peut dépasser la raison. On peut avoir des policiers passionnés. Ca peut être condamnable, ça peut être compréhensible.» Compréhensible, ça l’est en tout cas pour Olivier Marchal: «Un flic qui détourne de la came pour rétribuer un dealer, c'est le boulot. On faisait tous ça. Dans les années 90, on serait tous tombés... Neyret, c'est un homme bien, un flic extraordinaire (…), mais dans un pays aseptisé, il n'a plus sa place».

La fin d’une époque? A la DCPJ, on semble le penser. Christian Lothion, patron de la police judiciaire, promet de faire «les changements qui s'imposent au sein de la PJ de Rhône-Alpes».

N.B.

Depuis 2004 et la loi Perben, le flou qui entourait la rémunération des indics a été levé. Chaque informateur dispose désormais d’un matricule, et une enveloppe non-négociable leur est offerte en échange de tuyaux. Seule cette enveloppe peut être légalement remise aux indics en guise de rémunération.

publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr