Affaire Neyret: La PJ de Grenoble réorganisée

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Publié le 4 octobre 2011.

JUSTICE - Les soupçons de corruption sur Michel Neyret et d'autres policiers secouent l'institution...

>> Revivez le direct de la journée sur l'affaire Michel Neyret

Le chef de l'antenne grenobloise de la police judiciaire (PJ) a été mis en examen ce mardi dans l'enquête sur l'affaire de corruption et trafic d'influence présumés qui ébranle le monde policier, au lendemain du placement en détention du numéro deux de la PJ de Lyon, Michel Neyret.

S'il est poursuivi pour trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs, vol en réunion et détournement de scellés, le commissaire Christophe Gavat est ressorti libre du palais de justice et a été placé sous contrôle judiciaire, au terme de 96 heures de garde à vue.

Trois autres policiers étaient de leur côté «en cours» de présentation devant le juge mardi, selon une source judiciaire. Les enquêteurs tentent de déterminer si ces fonctionnaires de police ont ou non détourné du cannabis avant son placement sous scellés ou sa destruction, afin de rémunérer des indicateurs, et ce sur ordre de M. Neyret.

Cet homme qui, en 30 ans de carrière passés à traquer les truands, s'était forgé une réputation de «super flic» a été mis en examen lundi, notamment pour corruption, trafic d'influence, association de malfaiteurs, trafic de stupéfiants, détournement de biens et violation de secret professionnel. Il a été écroué à la maison d'arrêt de la Santé.

Les interrogatoires lors des gardes à vue ont confirmé l'existence d'un «système de drogue détournée afin de rémunérer les indicateurs», selon une source proche de l'enquête.

Contacté par l'AFP, l'avocat du commissaire Gavat a contesté que son client ait pu y participer. «Mon client a respecté la loi pénale de façon rigoureuse», a déclaré Me Emmanuel Daoud, tenant par ailleurs à distinguer le cas de ce dernier de celui de M. Neyret.

«Le parquet n'avait pas requis de mandat de dépôt contre M. Gavat, et les poursuites qui le visent n'ont rien à voir avec la corruption ou l'enrichissement personnel», a-t-il dit.

«On faisait tous ça»

Les trois policiers qui devaient encore être présentés mardi aux juges parisien, Patrick Gachon et Hervé Robert, sont l'adjoint de M. Gavat, le patron de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) de Lyon et un membre de la Brigade des stupéfiants de Lyon.

Interrogé par France 2, le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a estimé que, bien que «rarissime à ce niveau de responsabilité et de grade», cette affaire constituait «un véritable traumatisme pour la police nationale», et ajouté que M. Neyret allait être suspendu de ses fonctions.

Autre conséquence de cette affaire, le patron de la PJ de Lyon, Claude Catto, supérieur hiérarchique direct de M. Neyret, a indiqué à l'AFP qu'il allait très prochainement être muté.

En garde à vue, M. Neyret a concédé des «imprudences» et reconnu avoir accepté des cadeaux, notamment des séjours payés à Marrakech et sur la Côte d'Azur. Les enquêteurs s'interrogent aussi sur la provenance d'une «montre de valeur», que le policier aurait reçue, puis offerte à sa femme, selon une source proche du dossier.

Ces derniers jours, l'IGS a cherché à creuser ses relations avec plusieurs personnalités réputées proches du milieu lyonnais. Stéphane Alzraa est soupçonné d'avoir mis à disposition du commissaire Ferrari et Rolls Royce sur la Côte d'Azur. Gilles Benichou est une figure de la nuit lyonnaise.

Un troisième, Michel Zaragoza, a été mis en examen lundi pour «trafic de stupéfiants, blanchiment et association de malfaiteurs», mais laissé libre sous contrôle judiciaire.

Tous les quatre «se connaissaient bien, se fréquentaient régulièrement, ont fait des voyages communs au Maroc et en Corse», a déclaré à l'AFP Me Paul-Richard Zelmati, avocat de M. Zaragoza, qui conteste avoir payé ces voyages ou échangé des stupéfiants.

Le réalisateur Olivier Marchal, lui-même ancien flic de la Brigade criminelle, a de son côté dépeint M. Neyret comme un «incorruptible». «Un flic qui détourne de la came pour rétribuer un dealer, c'est le boulot. On faisait tous ça. Dans les années 90, on serait tous tombés...», a-t-il dit.

© 2011 AFP
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