Plusieurs policiers de la BST de Belleville ont été «fichés» sur le site Internet «Copwatch».
Plusieurs policiers de la BST de Belleville ont été «fichés» sur le site Internet «Copwatch». - S. ORTOLA / 20 MINUTES

Depuis quelques jours, le malaise s'est installé à la brigade spécialisée de terrain (BST) du quartier de Belleville (20e). Au moins sept fonctionnaires de police se sont retrouvés en photo sur le blog «Copwatch Nord-Ile-de-France», un site Internet ouvert au début du mois qui fiche les policiers et dévoile leurs identités.

Après les plaintes déposées la semaine dernière par le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, les policiers concernés ont demandé la fermeture de la plateforme. «On est vraiment en colère. Pas tant parce qu'on peut nous reconnaître à Belleville. On a l'habitude de se faire insulter et caillasser. Mais c'est surtout pour nos familles. Certains habitent dans des cités sensibles et ne veulent pas afficher qu'ils sont policiers», raconte l'un d'entre eux.

Violences policières

Qui se cache derrière Copwatch? Le site se présente comme l'œuvre d'un «collectif de citoyens souhaitant lutter par la transparence et l'information contre les violences policières». Comprendre des militants libertaires, anarchistes, opérant anonymement et aux propos anti-flics.

Parfois même délibérément inexacts, comme le commentaire qui accompagne la photo d'un des cadres de la BST de Belleville. Le blog assure qu'il est muni «d'une caméra oreille» qui enregistre «le comportement des biffins». En réalité, il s'agit d'une simple oreillette Bluetooth. «Je comprends leur logique. ça fait du buzz. Mais à long terme, leur blog va être interdit», avance Benjamin Ball, animateur du site «Copwatch France», une version moins radicale où les identités des policiers ne sont pas divulguées.

Depuis que l'affaire a éclaté, le blog est passé à une dizaine de milliers de visiteurs chaque jour, grâce à un bon référencement. «Beaucoup d'internautes évoquent des histoires de violences policières. On va vérifier, creuser, enquêter. J'espère qu'on pourra porter certaines affaires devant la justice», menace à son tour Benjamin Ball, jeune auto-entrepreneur militant de 27 ans.

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