Brice Hortefeux, le 21 janvier 2011 à Paris.
 
Brice Hortefeux, le 21 janvier 2011 à Paris.   - CHAMUSSY/SIPA

M.P.

Double révélation du Monde dans l’affaire Karachi ce vendredi. Brice Hortefeux, l’ex-ministre de l’Intérieur et actuel conseiller de Nicolas Sarkozy, semble avoir eu accès aux déclarations faites par un témoin clé dans le volet financier de l’affaire Karachi. Celui qui doit être le directeur de campagne du futur candidat à l’Elysée a ensuite appelé Thierry Gaubert, mis en examen mercredi dans le cadre de l’affaire, en lien avec un supposé financement occulte de la campagne d’Edouard Balladur, pour le «mettre en garde» contre les déclarations de son épouse, explique le quotidien.

Le 14 septembre dernier, Brice Hortefeux a ainsi appelé Thierry Gaubert sur son téléphone portable pour lui dire: «Elle balance beaucoup apparemment Hélène.» «Qu’est-ce que tu as comme infos là-dessus, toi, parce qu’elle me dit qu’elle dit rien», répond Thierry Gaubert, ancien trésorier de la campagne d’Edouard Balladur. «Ça m’embête de le dire par téléphone. Il y a beaucoup de choses, hein», rétorque Brice Hortefeux. Ajoutant, toujours selon les relevés auxquels a eu accès Le Monde: «Je te raconterai, mais ils ont énormément de choses. (…) T’as eu Bazire, parce que visiblement il est lui dans cette histoire.»

«Si Sarko il passe pas en 2012, ils sont tous dans la merde»

Des discussions qui prouvent que Brice Hortefeux a eu accès au procès verbal de l’audition le 8 septembre dernier d’Hélène de Yougoslavie, l’épouse de Thierry Gaubert, et donc violé le secret de l’instruction. Devant les juges, l’ancienne épouse a en effet fait des révélations importantes accusant son époux, évoquant ses nombreux voyages en Suisse en 1995, pour ramener des valises «volumineuses de billets» et les confier à Nicolas Bazire, alors directeur de campagne d’Edouard Balladur. Les deux hommes ont été mis en examen cette semaine. Thierry Gaubert pour recel d'abus de biens sociaux et Nicolas Bazire pour complicité d'abus de biens sociaux.

Des déclarations qui font dire à la fille de Thierry Gaubert, à son petit ami, selon une conversation interceptée par la police: «Si Sarko il passe pas en 2012, ils son tous dans la merde.»