Des centaines d'«indignés» français et espagnols manifestent à Paris

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Plusieurs centaines d'«indignés» ont manifesté ce samedi après-midi à Paris au départ de la cité universitaire (14e) et en direction de la place de la Bastille (11e), exprimant leur rejet du système capitaliste et prônant une révolution pacifique.

300 manifestants

Les manifestants - 300 selon la police - s'en sont pris à plusieurs banques sur leur passage, taguant les vitrines et apposant du scotch sur les distributeurs. Arrivés en fin d'après-midi devant la Banque de France, quelques-uns ont accroché une pancarte proclamant «Mort aux banques» tandis que d'autres scandaient «Culpable» («Coupable»). «Nous sommes un mouvement pacifique, citoyen, qui a envie de faire bouger les choses. On s'adresse au peuple et on lui demande de se réveiller», explique Pierre-Yves, 29 ans, qui a participé à l'organisation de la journée.

Le cortège est parti vers 16h, derrière une banderole indiquant en espagnol: «Marcha popular a Bruxelas» («Marche populaire vers Bruxelles»). Il réunit plusieurs groupes d'«indignés» européens, dont de nombreux Espagnols, venus parfois à pied, et qui doivent rejoindre Bruxelles pour une journée d'action le 15 octobre.

«Paris, debout, soulève-toi»

«On demande la paix, la paix économique et morale», déclare Rafael, 39 ans, la barbe naissante et le pied droit meurtri par le voyage. A la tête d'une entreprise de peinture, il dit avoir dû licencier ses vingt salariés à cause de la crise économique et se retrouver lui aussi au chômage. «J'ai décidé de porter à Bruxelles les voix de tous les gens victimes de la crise», explique-t-il.

Scandant «Paris, debout, soulève-toi» ou encore «Petit à petit nous marchons vers Bruxelles», les manifestants devaient rejoindre la place de la Bastille samedi soir pour une assemblée populaire. La mobilisation parisienne des «indignés» a débuté le 19 mai, faisant écho au mouvement de contestation spontané né le 15 mai à la Puerta del Sol à Madrid, les jeunes Espagnols exprimant leur ras-le-bol face à la crise économique et au chômage, qui touche près de la moitié des moins de 25 ans.

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