Dupont de Ligonnès: Xavier Ronsin ne croit pas à la thèse de la cavale

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Publié le 3 septembre 2011.

DISPARITION - Le procureur de la République de Nantes contredit le scénario évoqué par «Le Parisien», selon lequel l'homme suspecté d'avoir tué sa femme et ses enfants à Nantes serait en cavale...

Le suicide de Xavier Dupont de Ligonnès est désormais «l’hypothèse la plus probable» que suivent les enquêteurs, a estimé samedi Xavier Ronsin. Le procureur de la République de Nantes réagissait à la parution d’une double page dans Le Parisien / Aujourd’hui en France, pour qui «la thèse d’une cavale se renforce».

Dans son édition de samedi, le journal affirme que les enquêteurs penchent désormais pour la thèse d’une disparition savamment calculée. «L’idée qu’il s’est moqué des policiers et qu’il a volontairement laissé penser qu’il s’est suicidé est en train de gagner du terrain», explique ainsi une source judiciaire citée par Le Parisien. Selon le scénario envisagé par le quotidien, le père de famille, suspecté d’avoir tué sa femme et ses quatre enfants entre le 3 et le 5 avril à Nantes (Loire-Atlantique), serait donc à l’abri, en France ou ailleurs. Les enquêteurs fonderaient leur suspicion sur les investigations menées en juillet, et notamment la quinzaine de perquisitions organisées chez des proches de Ligonnès. A l’époque, ils tentent de vérifier si le père de famille a pris contact avec les membres de son entourage et si ceux-ci ne se sont pas mis d’accord sur une même version fallacieuse. Or, les témoignages des proches et de la famille du père de famille se ressemblent beaucoup, raconte le journal. Se seraient-ils concertés?

Des détails troublants

Ce qui troublerait la police également, selon Le Parisien, c’est l’impression de mise en scène. Les images des caméras de surveillance de l’hôtel Formule 1 de Roquebrune-sur-Argens (Var), où l’on voit Xavier Dupont de Ligonnès son fusil en bandoulière dans une sorte de housse, donneraient à penser que l’homme a prévu de suicider. Mais un détail attirerait l’attention des enquêteurs. «On s’est aperçus qu’il jetait un coup d’œil à l’une des caméras de l’hôtel durant son séjour. Du coup, s’il sait qu’il est filmé, ce départ fusil dans le dos était peut-être une mise en scène censée nous mettre sur la piste du suicide», indique ainsi une source judiciaire.

Mais il n’y a pas que ça. L’absence de cadavre, alors que la saison estivale et son afflux de touristes auraient été propices à pareille découverte, corroborerait également cette version. Sans parler de ce curieux polar qui apparaît sur l’une des séquences vidéo. Vérification faite, il s’agirait de «Glacé», de Bernard Minier, une étrange histoire de meurtre et d'hôpital psychiatrique.

Pour autant, la thèse du suicide ne serait pas écartée. Disparaître coûte cher, et rien ne prouve que Ligonnès a pu trouver l’argent nécessaire. Mais elle s’étiolerait sérieusement, selon Le Parisien. Récemment, affirment ses journalistes, des policiers se sont même rendus au Congo-Brazzaville, chez l’une des sœurs de l’homme le plus recherché de France. Sans succès. L’information montrerait en tout cas qu’un départ à l’étranger est plausible. Si cela s’avérait, déplore une source citée par le quotidien, «nous serions face à une mission quasi impossible».

«De pseudo-sources policières ou judiciaires»

Réagissant à ces révélations chocs, Xavier Ronsin, le procureur de la République de Nantes a été très clair:  ils ne leur donnent que peu de crédit. «Très franchement, au vu du niveau catastrophique de ses finances, de son état d’esprit dans les jours et semaines qui ont précédé l’assassinat et l’absence totale de vie malgré les recherches intenses des policiers, l’hypothèse du suicide, sans être certaine, est la plus probable», a déclaré Xavier Ronsin.

«Les deux hypothèses, celle d’un suicide quelques jours après l’assassinat et celle d’une fuite particulièrement bien organisée, ont toujours été étudiées par les enquêteurs, rappelle le procureur de la République de Nantes. Je ne vois pas très bien l’intérêt pour certains de présenter comme certaine tantôt l’une tantôt l’autre de ces deux hypothèses, d’après de pseudo-sources policières ou judiciaires.» «Rien n’est négligé par la justice, seule la découverte de Xavier Dupont de Ligonnès mort ou vivant permettra de connaître la vérité, considère le magistrat. En tous cas, nous ne relâcherons jamais nos efforts pour le retrouver.»

Nicolas Beunaiche, avec Guillaume Frouin, à Nantes
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