L’éternel débat de l’inné et de l’acquis est de retour, cette fois avec la «théorie du genre» enseignée dans les manuels de Sciences et vie de la terre (SVT) de classe de première, qui fait polémique. Après avoir rassemblé plus de 37.000 signatures sur une pétition pour «l'école de la République», la polémique est désormais passée sur le terrain politique.

Mardi, 80 députés UMP, dont Christian Vanneste, Lionnel Luca et Jacques Myard, fondateurs du collectif de la Droite populaire, Bernard Debré, Eric Raoult et Hervé Mariton, ont demandé au ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, le retrait des manuels qui expliquent «l'identité sexuelle» des individus autant par le contexte socio-culturel que par leur sexe biologique.

Une «théorie philosophique et sociologique qui n'est pas scientifique»

Dans une lettre au ministre, ces parlementaires estiment que «la théorie du genre sexuel», est une «théorie philosophique et sociologique qui n'est pas scientifique». La «théorie du genre» (gender studies) est née aux Etats-Unis dans les années 90. Elle professe que la différence entre homme et femme, mais aussi l’hétérosexualité, l’homosexualité, la bisexualité et la transexualité ne sont que des «constructions sociales» sans lien avec le sexe biologique. Ce sont des orientations choisies et pas des identités biologiquement déterminées à la naissance.

Les signataires citent un passage d'un manuel publié par Hachette: «Le sexe biologique nous identifie mâle ou femelle mais ce n'est pas pour autant que nous pouvons nous qualifier de masculin ou de féminin. Cette identité sexuelle, construite tout au long de notre vie, dans une interaction constante entre le biologique et contexte socio-culturel, est pourtant décisive dans notre positionnement par rapport à l'autre.»

Sphères publique et privée

Jugeant «du devoir de l'Etat de mieux contrôler le contenu des manuels scolaires» et ajoutant que «la théorie du genre sexuel n'apparaît pas stricto sensu dans les programmes d'enseignement de SVT» définis par le ministère, les députés concluent à l'adresse de Luc Chatel: «Nous comptons sur votre action afin de retirer des lycées les manuels qui présentent cette théorie.»

Dans une circulaire du 30 septembre 2010, le ministère indiquait que les programmes de SVT de première devaient comporter un chapitre intitulé «Devenir homme ou femme». La circulaire précise: «On saisira l'occasion d'affirmer que si l'identité sexuelle et les rôles sexuels dans la société avec leurs stéréotypes appartiennent à la sphère publique, l'orientation sexuelle fait partie, elle, de la sphère privée.»

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