- F. STEVENS / SIPA
C’est le sujet de la rentrée étudiante. Les syndicats ont réclamé en début de semaine des engagements sur le versement du dixième mois de bourse complet. Le ministre de l’Enseignement supérieur, Laurent Wauquiez, leur répond.
 
Avez-vous pris une décision concernant le dixième mois de bourse ?
 
C’était un engagement pris par le Président et il sera tenu. Le dixième mois de bourse, c’est décidé. Tous les étudiants ayant complété leur dossier dans les temps, bénéficieront donc de dix mois de bourse sur l’année universitaire 2011-2012. Les versements commenceront dès la première quinzaine de septembre.
 
Pourtant, en août, François Baroin semblait insinuer que cette mesure serait dure à financer…
 
Je me suis beaucoup battu sur le sujet, avec l’appui de Nicolas Sarkozy et de François Fillon. Par ce signe politique fort, le gouvernement montre qu’il ne mène pas une politique d’austérité aveugle et qu’il n’est pas sourd aux réalités du terrain. Mieux gérer nos dépenses ne se fait pas au détriment de la jeunesse. Depuis quatre ans, le gouvernement a d’ailleurs fait un effort majeur vis-à-vis des boursiers, qui sont passés de 470 000 en 2007 à 600 000 en 2011. Et cette année sera celle où nous aurons accompagné le plus grand nombre d’étudiants.
 
Les syndicats parlent d’une augmentation de 4% du coût de la vie étudiante cette année. Etes-vous d’accord avec cette analyse ?
 
On ne va pas faire une bataille de chiffres. Mais je tiens à souligner que malgré la crise, nous avons refusé l’explosion des frais de scolarité. Leur augmentation a été raisonnable et la France fait toujours partie des pays européens où les études sont les moins chères. Une licence y coute 177 €, alors qu’en Belgique et en Allemagne, il faut débourser 800 €, et au Royaume-Uni jusqu’à 10 000 €.
 
Mais l’addition est lourde, notamment pour les 73% d’étudiants non-boursiers…
 
Nous ne les avons pas oubliés et avons tenu à ce que l’augmentation des droits d’inscription, de la sécurité sociale étudiante et du ticket de restau U reste en deçà de l’inflation. Je n’ai pas l’intention d’en rester là et je souhaite désormais m’attaquer à leurs autres postes de dépenses, mais il est trop tôt pour en parler.
 
Le salariat étudiant est en pleine expansion. Cela vous préoccupe-t-il?
 
Il faut lutter contre les jobs trop longs avec des horaires destructeurs, qui condamnent la réussite des étudiants. Le fait d’avoir allongé l’année universitaire sur dix mois et d’octroyer un dixième mois de bourse est un bon moyen de limiter ce phénomène.

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