Délinquance sexuelle: Facebook facilite-t-il les dérapages?

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Publié le 3 août 2011.

SOCIÉTÉ - Une nouvelle affaire de professeur ayant tenté de piéger son élève via Facebook fait polémique...

Facebook, un terrain de chasse privilégié pour les prédateurs sexuels? Le jugement ce mercredi d’un professeur de 28 ans qui a tenté d’avoir des relations sexuelles avec une de ses élèves de 11 ans après être entré en contact avec elle via le site du réseau social, le rappelle: les contacts virtuels peuvent dégénérer dans la réalité. «C’est un problème depuis que Facebook existe, relève Dominique Delorme, membre d'e-enfance, une association de prévention des dangers du Web et à Net Ecoute, une ligne d’écoute anonyme. On ne peut pas le nier, même si on n’a pas de chiffres précis.»

Dominique Delorme évoque les «usurpations d’identité, les mensonges sur la qualité, les chantages au déshabillage ou des cas de harcèlement Mais pour lui,  si ces cas d’enfants ou d’adolescents visés par des prédateurs sexuels sont un réel problème, ils constituent une «faible» part des appels reçus par Net Ecoute. Les cas d’harcèlement entre élèves représentent, selon lui, un pourcentage important des appels.

Chats et blogs plus dangereux?

D’autant que, relativise Dominique Delorme, Facebook n’est pas le pire terrain de jeu virtuel pour le prédateur sexuel. Les chats, les forums et mêmes les blogs sont beaucoup plus pratiques pour des personnes aux idées malintentionnées. «C’est beaucoup plus simple pour eux car aujourd’hui, l’immense majorité des profils Facebook, même des jeunes, sont sécurisés. Cela réduit donc le champ des possibles. Du moins, ça complexifie la démarche», estime l’expert qui intervient dans des collèges pour prévenir les jeunes des risques liés à Internet.

Mais, justement, Facebook, par son principe, ne facilite-t-il pas la tâche des potentiels délinquants sexuels en permettant une mise en contact aisée? Ne faut-il pas sévir, comme l’université du Missouri, qui a récemment interdit aux élèves et aux professeurs d’être «amis» sur le célèbre site? «Pourquoi interdire? Pourquoi pénaliser tout le monde quand on parle de dérives dont le nombre est minime», demande Dominique Delorme. Il rappelle à l’attention des parents quelques règles de base pour bien gérer l’arrivée de son enfant sur Internet: celui-ci ne doit pas avoir d’ordinateur dans sa chambre, l’installation d’un logiciel de contrôle parental est souhaitable et il faut nouer le dialogue avec l’enfant pour savoir ce qu’il fait.Sans compter que l'inscription est interdite aux enfants de moins de 13 ans, même s'il est simple de passer outre.

Et au moindre doute, il ne faut pas hésiter à porter plainte auprès de la police mais aussi à  faire un signalement sur le site du gouvernement. 

M.P.
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