La formation des pilotes du vol Air France Rio-Paris et la manière dont ils ont réagi aux circonstances de vol sont mises en cause vendredi dans un nouveau rapport du Bureau d'enquête et d'analyses (BEA).
Le rapport du BEA, établi après la lecture complète des «boîtes noires», conclut que l'équipage, malgré deux alarmes successives, n'a pas formellement identifié la situation de décrochage de l'Airbus A 330, qui s'est abîmé au large du Brésil le 1er juin 2009, faisant 228 morts.
Le BEA rappelle, comme dans son précédent rapport, que les indications de vitesse à bord de l'appareil se sont déréglées, vraisemblablement parce que les sondes Pitot de calcul de vitesse, qui ont été remplacées depuis, ont givré.
En l'absence du commandant de bord, hors du cockpit au moment du déclenchement de la catastrophe, le pilote en fonction, confronté à la perte des indications de vitesse, a cabré l'appareil qui a chuté brutalement, souligne le rapport.
La manoeuvre à appliquer dans ce genre de situation est à l'inverse de faire piquer l'avion, soulignent des experts.
«La situation était rattrapable puisqu'elle a été rattrapée dans dans dizaines d'événements», a déclaré lors d'une conférence de presse le directeur du BEA, Jean-Paul Troadec, qui a prôné un examen des conditions de sécurité à Air France.
La perte des indications de vitesse données par les sondes n'a duré que 29 secondes, dit le rapport.
Après leur rétablissement, le pilote en fonction a continué de donner des ordres à cabrer et a tenté à plusieurs reprises d'alerter le commandant de bord, ajoute le rapport, qui souligne un problème de communication entre les membres de l'équipage.
Les moteurs de l'Airbus ont toujours fonctionné et répondu aux commandes de l'équipage, dit le rapport. La principale recommandation formulée vendredi par le BEA est de réexaminer la formation des équipages avec des exercices spécifiques pour le pilotage manuel.
Le rapport indique en effet que les copilotes n'avaient pas suivi de formation à la procédure à suivre en cas de perte des indications des vitesse. La panne des sondes Pitot «a pu perturber l'équipage dans la compréhension de l'événement», a admis le directeur du BEA.