Capture d'écran de l'interview vidéo à ABC News de Nafissatou Diallo, qui accuse DSK de l'avoir violée aux Etats-Unis.
Capture d'écran de l'interview vidéo à ABC News de Nafissatou Diallo, qui accuse DSK de l'avoir violée aux Etats-Unis. - 20MINUTES.FR

Avec l’interview exclusive accordée à ABC News, Nafissatou Diallo a désormais un visage et une voix. Dans les quelques extraits mis en ligne par la chaîne de télévision, on peut voir une femme prolixe, qui détaille son agression présumée avec beaucoup de gestes, allant parfois jusqu’à mimer des scènes.  Pour 20Minutes, la synergologue (spécialiste du langage corporel) Olga Ciesco a analysé les vidéos disponibles sur la femme de chambre qui accuse Dominique Strauss-Kahn de viol.

Il est difficile de juger et de déterminer si la femme de chambre ment ou pas, avec le peu d’images disponibles, d’autant qu’elles sont montées par ABC News, prévient-elle. De plus, on «manque de repères sur Nafissatou Diallo, notamment sur la manière dont elle réagit dans des situations quotidiennes», ajoute cette spécialiste de la communication non verbale. Mais plusieurs éléments sont plutôt favorables à la femme de chambre, explique Olga Ciesco.

«Très peu de signes contrôle»

«Le langage corporel de Nafissatou Diallo apparaît fluide, avec beaucoup de gestes amples, qui sont toujours très cohérents avec ses propos, ce qui n’est pas toujours le cas quand on ment», analyse la spécialiste, précisant que traditionnellement «les personnes de culture africaine font des gestes amples». «Le haut de son corps est également assez mobile, ce qui n’est pas non plus le cas quand on ment et qu’on doit être en contrôle», ajoute-t-elle. «Elle fait des gestes ouverts, ses mains sont visibles et bougent beaucoup», insiste Olga Ciesco, qui précise que lorsqu’on veut contrôler son discours ou soi-même, on les garde souvent jointes.

De plus, note-t-elle, «elle a la tête haute»,  ce qui montre qu’«elle semble vouloir communiquer et ne pas vouloir se cacher». De plus, «on sait, statistiquement, que les menteurs ont tendance à baisser la tête», ajoute la synergologue.  «Les seules fois où elle baisse la tête, c’est lorsqu’elle parle de DSK, ce qui est cohérent» avec sa version. De manière générale, il y a donc «très peu de signes contrôle».

«La marque d’une personne qui a peur».

Enfin, elle note que lorsqu’elle dit «Dieu est témoin, je dis la vérité» (1,31 sur la vidéo), elle relève «le sourcil intérieur», ce qui est  «la marque d’une personne qui a peur». C’est un signe que seuls 10% des gens réussissent à faire volontairement, précise Olga Ciesco. «A-t-elle peur  parce qu’elle dit la vérité et qu’elle a peur ne pas être crue, ou parce qu’elle ment et qu’elle a peur d’être découverte?», interroge la spécialiste sans pouvoir donner de réponse.

Devant la caméra, Nafissatou Diallo semble à l’aise. Trop, diront certains sceptiques. Mais on ne peut pas en tirer de conclusion, estime Olga Ciesco. «Il n’y a pas de public, elle est juste avec une journaliste avec qui elle a peut-être beaucoup discuté hors caméra et qui l’a mise à l’aise», avance-t-elle. Reste qu’un élément «trouble» la spécialiste de la communication non-verbale: «la quasi absence d’émotion négative sur son visage».  Mais, tempère Olga Ciesco, «tout dépend de la manière dont elle vit l’agression présumée, qui est arrivée il y a deux mois et demi».

Et  ces fois où Nafissatou Diallo mime les scènes de la présumée agression? «C’est plutôt bon signe», assure encore Olga Ciesco. Son expérience auprès de témoins ou de victimes d’incendie montre que «lorsqu’ils racontent la scène et qu’ils disent la vérité, ils revivent la scène par des gestes».  Autant d’élément qui plaident en faveur de Nafissatou Diallo mais, rappelle Olga Ciesco, «les meilleurs menteurs sont ceux qui croient à leurs mensonges».

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