Dominique Strauss-Kahn (au centre), entouré de ses deux avocats, William Taylor (à gauche) et Benjamin Brafman (à droite), lors de son audience devant le tribunal de New York, le 6 juin 2011.
Dominique Strauss-Kahn (au centre), entouré de ses deux avocats, William Taylor (à gauche) et Benjamin Brafman (à droite), lors de son audience devant le tribunal de New York, le 6 juin 2011. - POOL NEW / REUTERS

Changement de stratégie. Les avocats de DSK, très discrets jusque-là, ont décidé d’occuper le terrain. Ils ont accordé une conférence de presse aux médias français mercredi pour expliquer le droit américain et réaffirmer leur ligne de défense. C’est William Taylor qui a parlé. «Le dossier médical de l'accusatrice est vide. Il n'y a aucune preuve. Pas de blessure à l'épaule, pas de marques de violences, pas de bleus», a-t-il déclaré selon Le Parisien, démentant donc totalement les propos de l’avocat de Nafissatou Diallo.

Le 1er juillet dernier, Kenneth Thompson, l'avocat de la Guinéenne de 32 ans, avait donné un compte rendu radicalement différent de ce qui se serait passé le 14 mai dernier dans la suite 2806 du Sofitel de New York. Dominique Strauss-Kahn a «d'abord saisi ses seins et a commencé à l'attaquer» avant de «saisir son vagin avec tant de force qu'il l'a blessée» et a déchiré les ligaments de son épaule en la plaquant violemment au sol, avait-il dit.

«Aucune décision ne devrait être prise»

Par ailleurs, il a rappelé qu’aucune décision ne devrait être prise lors de l'audience de Dominique Strauss-Kahn devant un tribunal de New York le 1er août, estime l'avocat de l'ancien directeur général du FMI inculpé de tentative de viol. «Aucune décision ne devrait être prise, le juge ne devrait rien dire de définitif», a-t-il assuré. «Il s'agit encore une fois d'une audience de routine. Les deux parties expliqueront où elles en sont dans leurs investigations. Et le juge nous dira: 'Merci, vous pouvez revenir dans trois semaines, ou en septembre», a-t-il ajouté.

William Taylor a répété que son client refusait de plaider coupable, même si le procureur de Manhattan, Cyrus Vance, proposait de requalifier les charges, par exemple en abandonnant la tentative de viol pour une simple agression sexuelle. «Il n'y aura aucune négociation, aucune discussion. Dominique Strauss-Kahn ne plaidera coupable de rien, d'aucune charge», a-t-il expliqué. Sa défense affirme qu'il a eu un rapport consenti avec la femme de chambre.

Le «fiancé» parle

L'ancien directeur général du Fonds monétaire international ne semble donc pas près de récupérer son passeport et de revenir en France, même si le juge l'a libéré sur parole le 1er juillet dernier après que la crédibilité de son accusatrice a été affaiblie par ses déclarations mensongères. Cyrus Vance l'accuse notamment d'avoir menti pour obtenir l'asile politique aux Etats-Unis et d'avoir changé de version sur son emploi du temps après la tentative de viol présumée.

Amara Tarawally, qui se présente comme son «fiancé», a dressé d'elle un portrait sans tache dans une interview publiée mercredi par le site d'information américain The Daily Beast. Cet immigré clandestin de Sierra Leonne, détenu dans une prison de l'Arizona pour trafic de drogue, a décrit la femme de chambre comme «une fille bien, très honnête», une musulmane pieuse, jamais impliquée dans des escroqueries, du trafic de drogue, du blanchiment d'argent ou de la prostitution. «Je sais qu'il a fait ce qu'il a fait (...) Elle n'avait aucune raison de mentir», ajoute Amara Tarawally, selon qui la jeune femme ne s'en remettra pas.

Une conversation téléphonique dans un dialecte africain entre cet homme et sa "fiancée", le lendemain de l'arrestation de l'ex-directeur général du FMI, a contribué à fragiliser le témoignage de la jeune Guinéenne. Selon l'enregistrement effectué par la prison et la traduction qui en a été diffusée par les médias américains, la femme de chambre aurait déclaré ce jour-là à Amara Tarawally, à propos de Dominique Strauss-Kahn: «Ne t'inquiète pas, ce type a plein de fric. Je sais ce que je fais.»

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