Au cœur des débats ces dernières semaines avec la fuite de l’épreuve de maths de la série S, le bac est, comme chaque année, l’objet de maintes remises en question. Mais, même si l’Education nationale n’exclut pas que le sacro-saint diplôme prenne le chemin de l’évolution, il n’est en aucun cas question de remettre en cause son existence.
Interrogé mercredi dans Libération sur la possible suppression de ce rite de passage français, Luc Chatel est catégorique : «Il n'en est pas question. Je suis très attaché au bac, et la France y est très attachée». Toutefois, il n'exclut pas des retouches : «L'adapter oui, le révolutionner non».
Contrôle continu ?
En effet, le ministre de l'Education s’est dit prêt à «adapter» le baccalauréat, sans le «révolutionner», en complétant l'examen national d'un contrôle en cours de formation ou d'un contrôle continu. Les épreuves d’EPS et les TPE (travaux pratiques encadrés) fonctionnent déjà sur ce système de contrôle continu. «Je ne suis pas opposé à ce qu'une partie se fasse en contrôle en cours de formation ou en contrôle continu», dit-il. «Mais je reste avant tout attaché à un examen national qui soit le même partout, à Paris, à Chaumont ou à Bordeaux», souligne le ministre.
Selon les chiffres publiés mardi par le ministère de l'Education nationale, le taux de réussite au bac général, toutes séries confondues (76,8%), est en hausse de deux points par rapport à 2010 avant la session de rattrapage. La réussite est de 79,8% dans la série S, où l'examen a été perturbé par une tentative de fraude à l'épreuve de mathématiques.
Ce mercredi, l'ancien ministre centriste de l'Education François Bayrou a estimé sur LCI qu'il faudrait «repenser» le baccalauréat. Il a déploré que le gouvernement en fasse «une présentation cosmétique, (...) publicitaire». «Le baccalauréat ne correspond plus guère à ce qu'on en attend», a-t-il jugé.