Fils tétraplégique: «J'espère que Nicolas Sarkozy va être sensible à ce testament»

INTERVIEW Marie Humbert, mère de Vincent Humbert, lui aussi tétraplégique et décédé en 2003, réagit pour 20 Minutes à la mort de Michèle de Somer, la mère d’Eddy...

Recueilli par Ingrid Gallou

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Marie Humbert, la mère du jeune Vincent Humbert, un jeune tétraplégique décédé en 2003, lors d'une conférence de presse avec Vincent  Léna, magistrat et président de l'association Faut qu'on s'active!,  le 18 juin 2008 à Paris.

Marie Humbert, la mère du jeune Vincent Humbert, un jeune tétraplégique décédé en 2003, lors d'une conférence de presse avec Vincent Léna, magistrat et président de l'association Faut qu'on s'active!, le 18 juin 2008 à Paris. — JACQUES DEMARTHON / AFP

Que pensez-vous de la lettre écrite par Michèle de Somer (que vous connaissiez) quelques jours avant sa mort au président de la République?

C’est au centre héliomarin de Berk-sur-Mer que nous nous sommes connues. Elle était déjà là avec son fils lorsque je suis arrivée, en 2002. C’est à partir de là que nous nous sommes fréquentées. Depuis, on s’appelait souvent, tous les six, sept mois environ. Je savais qu’elle était très mal, qu’elle avait un cancer, que ça n’allait pas du tout. Aussi, j’espère que cette deuxième lettre au président va aboutir. Tout le monde a jusqu’ici fermé les yeux, mais il faut une loi.

Vous aussi, vous avez écrit au Président. Quelle réponse vous a-t-il faite?

Je lui ai écrit à deux reprises, une fois que mon fils était décédé, mais aucune réaction, il ne m’a pas répondu. Pour Michèle, c’est différent, elle savait qu’elle allait partir et voulait qu’il soit dans un endroit respectable. Or, il n’y a jamais de place pour eux. Que va-t-il faire à présent, le pauvre chou, car il faut dire ce qui est, c’est un légume.

Pensez-vous que cette lettre puisse relancer le débat sur l’euthanasie?

J’espère que Nicolas Sarkozy va être sensible à ce testament en espérant qu’il trouve un endroit pour lui, afin que Michèle repose en paix. Mais en ce moment, tout le monde se prépare pour les élections, ça m’étonnerait que quelqu’un relance le débat sur l’euthanasie.

Vous avez rencontré Eddy à plusieurs reprises, quel souvenir avez-vous de lui?

On ne sait pas s’il a retrouvé sa conscience. Mais il était comme mon fils, relié lui aussi à une sonde, la trachéo, tout pareil. Excepté que Vincent avait ses petits yeux cousus. Eddy, lui, avait les yeux qui regardaient le plafond. Il était lui aussi très attachant, comme le sont tous ces enfants.

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