Un adolescent se connecte sur Facebook.
Un adolescent se connecte sur Facebook. - SIERAKOWSKI FREDERIC/ISOPIX/SIPA

Delphine Bancaud

Des espaces de convivialité qui ne sont pourtant pas sans danger. Une étude parue lundi et réalisée pour l'Union nationale des associations familiales (Unaf), la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) et l'association Action innocence, pointe les risques des réseaux sociaux pour les ados.

Selon celle-ci, 48% des 8-17 ans indiquent avoir un compte sur Facebook. Problème: alors que le célèbre réseau est en principe interdit aux moins de 13 ans, 18% d'entre eux s'y connectent, dont 9 % avec l'accord de leurs parents. Une statistique préoccupante pour Isabelle Falque, vice-présidente de la Cnil «car cette tranche d'âge est candide et donc plus exposée».

Le manque de vigilance souligné

Autre sujet de préoccupation: les comportements addictifs des jeunes à l'égard de Facebook. Car 59% d'entre eux déclarent s'y connecter tous les jours et seulement 23% des parents limitent leur durée de connexion.

Difficile aussi pour les adolescents de ne pas trop exposer leur vie privée sur les réseaux. Nombre d'entre eux n'hésitent pas à dévoiler des photos d'eux (88%) sur leur profil, leur adresse mail (68%), s'ils sont célibataires ou non (58%), leur adresse postale (27%). Une impudeur d'autant plus préjudiciable qu'un ado compte en moyenne 210 amis sur Facebook et que 31% des sondés avouent avoir accepté dans leurs contacts des personnes qu'ils n'avaient jamais rencontrées.

Et plus leur réseau est étendu, plus les risques d'incivilité sont importants. Du coup, 25% des jeunes utilisateurs de Facebook avouent avoir été victimes d'insultes et de rumeurs. Autre dérive constatée: plus d'un tiers des jeunes ont déjà été choqués par des propos, des photos et des vidéos publiés sur le réseau.

«D'où l'importance pour les parents de ne pas attendre ce genre de mésaventure pour s'intéresser aux usages de leurs enfants, car seulement la moitié d'entre eux les surveillent», souligne Elisabeth Sahel, présidente d'Action innocence.

Conseils aux parents

L'Unaf, la Cnil et Action innocence recommandent aux parents de dialoguer avec leurs enfants pour connaître leurs pratiques et leurs amis sur Facebook. Autre impératif: leur faire prendre conscience que «l'injure, la diffamation, le cyber-harcèlement sont punissables par la loi, tout comme la diffusion de photos ou de vidéos, sans le consentement des personnes concernées».