Ca y est! Contestée pendant sept mois l'an dernier, l'une des décisions phares du quinquennat de Nicolas Sarkozy commence à entrer en vigueur ce vendredi. Désormais, l'âge légal de départ à la retraite n'est plus de 60 ans. Il va passer, progressivement, à 62 ans, par tranches successives de quatre mois par an. Une autre limite recule simultanément: celle de l'âge de la retraite à «taux plein», quel que soit le nombre de trimestres travaillés. Fixé à 65 ans, ce seuil passe maintenant à 67 ans. Ce «recul successif» sera fini en 2018. A moins d'un nouveau report des âges, car «2018 est l'année où la réforme des retraites devrait être à nouveau modifiée», remarque Pascale Gauthier, du cabinet Novelvy, un institut spécialiste des calculs de bilans retraite.
Carrières longues et pénibles
Pour mieux comprendre les conséquences de la réforme sur les carrières et les rémunérations, 20 Minutes a demandé à Novelvy quatre études de cas. Elles représentent quatre parcours: celui d'un artisan, d'un fonctionnaire, d'une mère de famille à petit revenu et d'une salariée qui est passée à son compte.
Entre autres enseignements, ces études rappellent que ceux qui ont commencé à travailler tard seront moins touchés que les autres par le report de l'âge.
En 2010, les carrières longues ou pénibles étaient au centre des débats. A quel âge pourraient partir ceux qui sont entrés dans la vie active dès 14 ans? Comment adapter la règle à tous ceux que le métier avait usés physiquement?
La réforme défendue par Eric Woerth a instauré deux modifications. Ceux qui ont commencé à travailler entre 14 et 16 ans pourront partir avant 62 ans, à condition d'avoir cotisé deux ans de plus que la durée de cotisation normale. Et ceux qui justifient d'un taux d'incapacité d'au moins 20% pourront partir à taux plein dès leurs 60 ans.
Nicolas Sarkozy et son gouvernement avaient justifié la réforme par deux arguments: l'accroissement de la population, et l'allongement de la durée de vie.