Ecole primaire: Sarkozy annonce qu'aucune classe ne fermera en 2012

ÉDUCATION e chef de l'Etat a profité d'un déplacement en Lozère...

C. F. avec Reuters

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Le Président Nicolas Sarkozy lors d'une table ronde sur l'éducation à Bagnères-de-Luchon, le 14 avril 2011.

Le Président Nicolas Sarkozy lors d'une table ronde sur l'éducation à Bagnères-de-Luchon, le 14 avril 2011. — AFP PHOTO LIONEL BONAVENTURE

Alors que les mouvements de grève contre les fermetures de classes en primaire se multiplient, Nicolas Sarkozy était attendu dans une école élémentaire à La Canourgue, en Lozère, ce mardi. Le chef de l’Etat y a annoncé qu’il n’y aurait pas de fermeture de classes en primaire à la rentrée… 2012. Le sujet est en effet hautement sensible à 10 mois des élections présidentielle et législatives.

Nicolas Sarkozy a toutefois réaffirmé qu'il ne céderait «pas sur le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite et confirmé les 1.500 fermetures de classes prévues pour la rentrée 2011. 

«Un traitement particulier»

«Je soutiens la rentrée 2011 telle qu'elle a été préparée par le ministre» de l'Education nationale, Luc Chatel, a-t-il ajouté lors d'une table ronde. «Pour la rentrée 2012, je souhaite que l'école primaire bénéficie d'un traitement particulier. (...) A la rentrée 2012, nous ne procèderons, hors démographie, à aucune fermeture de classe à l'école primaire», a expliqué le chef de l'Etat. «C'est-à-dire (...) que le nombre de fermetures de classes n'excèdera pas le nombre d'ouvertures liées aux évolutions démographiques.»

Cela ne signifie donc pas qu'il n'y aura pas de fermetures là où la population diminue mais elles seront compensées par des ouvertures ailleurs, ce qui veut dire, globalement, un maintien du nombre total de classes, précise l'Elysée.

16.000 postes supprimés en 2011

Luc Chatel avait indiqué fin mai qu'il «veillerait à fermer le moins de classes possibles» et qu'il «demanderait au Premier ministre et au président de la République un traitement différencié pour le primaire». Il avait ensuite souhaité qu'il y ait «autant de classes» en 2012 qu'en 2011.

A la rentrée 2011, 8.967 postes devraient être supprimés dans le primaire (sur les 16.000 supprimés au total dans l'Education nationale), ce qui entraînera 1.500 fermetures de classes, au moment où les écoles accueilleront 4.900 élèves de plus. Ces annonces suscitent de fortes mobilisations de la part des syndicats et des parents d'élèves.

Malaise au sein de la majorité

Et provoquent aussi un malaise au sein de la majorité, dont les élus redoutent les réactions négatives des électeurs, avant les sénatoriales de cet automne et les échéances de 2012. «Je lance un appel au président de la République pour l'arrêt de la suppression de postes dans l'enseignement pour les écoles rurales», déclarait lundi le député UMP Yannick Favennec. «Il faut une application plus souple de la revue générale des politiques publiques dans le secteur de l'enseignement pour les territoires ruraux, sinon on court à la catastrophe, et je ne voterai pas le budget 2012 si cet assouplissement n'est pas prévu», menaçait-il dans un message envoyé par Twitter.

Dans un document de travail élaboré dans le cadre de la préparation de son programme, l'UMP propose de ne plus tenir compte du seul critère du nombre d'habitants. «En matière de maintien de classes et d'écoles (...) le nombre d'élèves accueillis ne doit pas être le seul indicateur», lit-on dans ce document.