De notre envoyé spécial à Florensac
Les bus qui déchargent les élèves devant le collège Voltaire ce mardi sont à moitié vides. Visages fermés, les quelques élèves qui en descendent portent des roses ou des bougies qu’ils viennent déposer devant les grilles en souvenir de Carla, 13 ans. «De toutes façons, je n’ai pas pris mes affaires de classe, confie un élève de 4e. Je n’ai pas le cœur à travailler. Je pense à elle.» La jeune fille est morte, lundi après-midi, après avoir été battu devant le collège par le frère d’une de ses camarades.
Alors que la cellule psychologique se met en place sous le préau, les parents d’élèves tentent d’expliquer l’inexplicable. «C’est dur. Quand on est gamins, on se croit intouchable, inébranlable, assure Fabienne qui a accompagné son fils au collège. On se croit à l’abri dans notre petit village. Mais la violence est partout.» A ses côtés, Florian, son fils, a du mal à articuler. Scolarisé dans la même classe que Carla, il commence tout juste à réaliser. «Elle me faisait rire. Elle était gentille. Maintenant, je me dis que tout ça, c’est fini. Je ne comprends pas pourquoi...»
Comme d’autres élèves, Florian compte se rendre auprès des psychologues dépêchés sur place par l’éducation nationale. «On va essayer de remettre le collège dans un rythme normal, confie Philippe Wuillamier, inspecteur d’académie. Mais pour l’instant, l’essentiel est d’accueillir les enfants et de leur offrir une écoute.» Luc Chatel, le ministre de l’Education nationale, doit se rendre sur place cet après-midi.
André, le papa de deux jumelles scolarisées en 5e n’en attend pas grand-chose. «C’est un drame, un faits-divers mais ce n’est pas plus que ça, lâche-t-il. Il ne voulait pas la tuer. Pour moi, ça reste un accident.» Lundi après-midi, peu après l’annonce du décès, les esprits se sont tout de même échauffés devant les grilles. «J’en ai entendu un qui m’a dit qu’il allait voter Marine à cause de ça, poursuit André. C’est n’importe quoi. Le gamin qui a frappé s’appelle Gaël*. Ca n’a rien à voir avec le Front national toute cette histoire!»
* Le prénom a été changé.
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